mercredi 10 août 2016

Une section « Flanders » des Soldats d'Odin active à Hal




[RésistanceS.be – Mercredi 10 août 2016]



INFO EXCLUSIVE L'organisation d'extrême droite « Soldiers of Odin » est aussi présente dans notre pays. Après une première enquête de RésistanceS.be sur cette milice d'auto-défense, voici une nouvelle information exclusive. En plus de sa section « Belgium » (présente en Flandre et à Bruxelles) et « Belgique » (active en Wallonie), RésistanceS.be vous révèle l'existence des « Soldiers of Odin Flanders ».


Jeudi dernier, le journal RésistanceS.be publie une enquête sur l'implantation en Belgique des Soldiers of Odin (SOO), une « internationale anti-musulmane » d'extrême droite d'origine finnoise fondée en octobre 2015, selon sa notice de présentation proposée sur Wikipedia. Les SOO organisent des patrouilles d'auto-défense pour sécuriser les rues des dangers représentés, d'après leur propagande, par la présence de migrants, mais aussi d'islamistes radicaux.

Notre enquête sur cette organisation et ses « soldats belges » n'a pas plu à tout le monde. Elle a par exemple été mise en doute, comme par hasard, par le dernier secrétaire national du parti d'extrême droite « Front national » avant son auto-dissolution ordonnée par Marine Le Pen en personne. Nous y reviendrons en détail tout prochainement.


Exclu : Soldats d'Odin « Flanders »


Pour poursuivre notre enquête, après avoir reçu un « vent favorable » à propos de la présence de Soldats d'Odin à Hal, nous nous sommes directement rendus ce mercredi dans cette petite ville du Brabant flamand, située à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles.

Après nous êtres rendus dans une zone de la vile qui nous avait été signalée en particulier, au bout d'un certain moment, nous sommes tombés nez à nez sur deux militants de l'organisation d'auto-défense d'extrême droite en question.

L'un portait, sur le dos de sa veste conformément aux directives des SOO, l'écusson officiel des « Soldiers of Odin Belgium ». L'autre avait lui aussi, sur la sienne, l'officiel signe de reconnaissance, mais « Belgium » y était remplacé par « Flanders », comme le montre, ci-dessous, la photo que nous avons pu prendre.


Jusqu'à aujourd'hui, il n'existait encore aucune trace de cette section « Flanders » des Soldats d'Odin. Y compris sur Internet. Néanmoins, nous avons trouvé son implantation dans la ville de Hal.





Les Soldats d'Odin belges s'organisent


Cette découverte confirme les conclusions de notre enquête. Les SOO s'implantent, se structurent et circulent dans les rues de villes belges au grand jour. Outre, une section néerlandophone se revendiquant comme « belge » (fondée en janvier de cette année) et une section wallonne (apparue en mars dernier), il existe désormais une section purement flamande.

Nous reviendrons prochainement sur ces « soldats » d'extrême droite qui semblent de plus en plus actifs en Belgique.


MANUEL ABRAMOWICZ
Membre de la rédaction de RésistanceS.be




A LIRE


NOTRE PREMIÈRE ENQUÊTE SUR LES SOLDATS D'ODIN



 

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vendredi 5 août 2016

Enquête sur l'implantation des Soldats d'Odin en Belgique




[RésistanceS.be – Jeudi 4 août 2016
Modif. : 5 août 2016  11 : 21
Nouveau lien : 10 août 2016  21 : 29]


PRÉCISIONS & ANALYSE – Selon les services secrets belges, des membres des forces armées le seraient également d'une organisation d'extrême droite d'origine finnoise et païenne: les Soldiers of Odin. RésistanceS.be vous propose son enquête sur ceux-ci et la réalité de leur implantation en Belgique.


Ce mercredi, deux journaux flamands, Het Belang van Limburg et Knack, révèlaient que la Sûreté de l'Etat (SE) et le Service général du renseignement et de la sécurité militaire (SGRS) ont enquêté sur l'implantation dans notre pays des « Soldiers of Odin » (SOO), une organisation paramilitaire d'extrême droite fondée en Finlande.

Selon les informations diffusées, quatre militaires de nos forces armées seraient membres du « chapitre » belge (connue comme les « Soldiers of Odin Belgium ») de cette organisation.


Soldiers of Odin (SOO)


Qui sont-ils exactement ?

Ces « soldats » sont apparus en Finlande. Ils se manifestent pour la première fois en octobre 2015, à la frontière avec la Russie d'où proviennent de plus en plus de migrants, via une nouvelle filière de passage pour arriver en Europe.


Quels sont leurs objectifs ?

Les Soldiers of Odin affirment s'opposer à l'« 
afflux migratoire » et veulent « défendre les valeurs occidentales ». Ils ciblent en particulier leur combat sur la lutte contre ladite « islamisation de l'Europe ». Les attentats et attaques récents de l'Organisation de l'Etat islamique (Daesh) sur notre continent ont encore renforcé les SOO dans leurs objectifs.

Que font-ils pour y parvenir ?

A l'heure actuelle, cette organisation organise des patrouilles d'auto-défense dans les rues de villes et de communes de Finlande, pour les sécuriser contre les « réfugiés arrivés massivement », selon leur propagande. Leurs actions ressemblent fortement à celles d'une milice privée. Ce qu'ils démentent catégoriquement. Tout comme toute appartenance à l'extrême droite.


Sont-ils d'extrême droite ?

Le discours tenu par les SOO à propos des migrants et de l'Islam est identique à ceux de la nouvelle droite national-populiste et de l'extrême droite pure et dure. Leur dirigeant-fondateur est un dénommé Mika Ranta (29 ans). Avant de créer les Soldats d'Odin, il avait milité au « Suomen vastarintaliike » (Mouvement de résistance finnois), affilié à un réseau scandinave néonazi plus vaste actif sous le nom de Nordic Resistance Movement.

Pour la plupart, les Soldats d'Odin proviennent de milieux de supporters ultras de football, de clubs de motards et de groupes skinheads de tendance « NS » (national-socialiste / nazi-skine). Ils recrutent leurs affiliés dans les rangs de l'extrême droite traditionnelle et électorale.
Avec l'augmentation dans la société de la xénophobie, du racisme et de la peur des musulmans, ils sont également rejoints par de simples citoyens, le plus souvent sans appartenance politique.

Les journaux Het Belang van Limburg et Knack informaient encore, ce 3 août, que nos services de renseignements civiles et militaires s'intéressaient également aux activités en Belgique de deux autres groupes d'extrême droite similaires : la section anversoise des Sons of Odin (les Fils d'Odin) et les Strijders van Thor (Combattants de Thor). D'origine norvégienne, les premiers s'autoproclament comme étant une nouvelle « confrérie viking ». Implantés aussi en Flandre, les seconds se présentent clairement comme un groupe de combat. Sur Facebook, 371 personnes en sont membres. Un chiffre artificiel permettant de gonfler les effectifs. Une analyse plus poussée de ces derniers démontre effectivement que peu d'entre-eux pour finir proviennent de Belgique. Parmi un de ces derniers, nous avons toutefois identifié Koen S., un activiste flamand de la Racial volunteer force (RVF), un réseau néonazi anglais implanté également, comme les Soldiers of Odin, en Belgique, aux Pays-Bas et en France (sur la RVF voir l'article de RésistanceS.be du 25 février 2014 : Les néonazis de la RVF se sont réunis en Flandre).

Mais pourquoi ces organisations d'extrême droite ont choisi les noms d'Odin et de Thor ?

Odin et Thor ?


Dans la mythologie païenne scandinave, en vigueur chez les Vikings, Odin et Thor sont des dieux. Le premier en était même le principal. Quant au second, il était le dieu de la foudre et du tonnerre. Les Sons of Odin affirment qu'ils s'inspirent des « attitudes et des perspectives de la vie des Vikings. ». En précisant : « Nous utilisons Odin pour honorer le passé des Vikings. Pour essayer le mieux possible de faire de même. ». Le logo des Soldiers of Odin est d'ailleurs une tête de viking.

En partie, cette culture religieuse est partagée par le courant radical de l'extrême droite européenne le plus active. Le paganisme nordique est alors défini comme étant la base des « 
religions des forêts » de l'Europe antique qui s'opposent, toujours de nos jours, aux « religions du désert » venant d'Orient : le judaïsme, le christianisme et l'islam. Cette mythologie religieuse avait déjà été reprise par la SS nazie, dans les années trente, et sera ensuite souvent une référence mythique et idéologique des néonazis.



Où sont-ils aujourd'hui implantés ?


Depuis les échos faits dans la presse finnoise et à l'étranger à l'occasion de leurs premières patrouilles organisées, les SOO ont essaimé ensuite dans d'autres pays. Une prolifération rapide, en quelques semaines, rendue possible grâce à Internet et une montée des sentiments xénophobes, racistes et anti-Islam en Europe.

Des « 
chapitres » (sections nationales) sont apparus dans plusieurs autres pays. Selon le site Internet de la branche hollandaise, consulté ce mercredi, il existerait au total vingt « chapitres » des SOO. Ils sont implantées dans les pays du Nord de l'Europe d'où proviennent les vikings (Finlande, Norvège, Suède et Danemark), sur les îles de l'Atlantique nord (Grande-Bretagne, Irlande et Islande), en Europe de l'Ouest (Belgique, France, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Suisse, Luxembourg et Malte) et d'Europe de l'Est (République tchèque, Pologne et Estonie), ainsi qu'aux Etats-Unis, au Canada et en Australie.


La notice anglophone des Soldiers of Odin sur Wikipédia la présente comme étant devenue désormais une « internationale antimusulmane ».


Les Soldats d'Odin en Belgique

Depuis quand ?

Avec les révélations de ce mercredi dans les journaux Het Belang van Limburg et Knack, le grand public a donc pris connaissance de l'existence en Belgique des SOO. Mais depuis quand ces Soldats d'Odin sont implantés dans notre pays ?


C'est au tout début de cette année que le journal RésistanceS.be a repéré l'apparition de son « chapitre belge ». Pour être plus précis, vue sa composition militante, il faudrait plutôt évoquer un « chapitre flamand ». Celui-ci est de création toute récente. Il a effectivement été mis sur pied en janvier de cette année.


Combien de membres ?


Son développement semble être fulgurant. En mars dernier, le nombre de membres du « groupe fermé » Facebook « Support Soldiers Of Odin Belgium Chapter » était de 215 membres. A la date d'aujourd'hui, ils sont au nombre de 586 personnes. Mais attention, il faut prendre ces chiffres avec beaucoup de prudence. En effet, tous ces membres ne sont pas des Belges. Beaucoup de ces « soldats » proviennent d'autres chapitres étrangers ou sont de simples facebookiens sans rattachement politique.

C'est par une analyse des photos publiées sur Internet que la force militante réelle de cette organisation peut être estimée avec plus de précision. En mai dernier, sur une photo proposée par un des responsables belges des SOO, sur son compte Facebook, prise à Bruges lors d'une sortie identifiable en rue (ils portent tous la veste ou le sweet du « chapitre belge » de l'organisation), seize membres figurent sur celle-ci. Avec l'hypothèse en plus qu'ils ne soient pas tous brugeois. Selon notre estimation, les soldats d'Odin en Belgique devraient regrouper pas plus d'une trentaine d'activistes. Dont certains dédoublent leur appartenance avec une autre organisation militante.

La phase d'implantation dans notre pays des SOO et leur structuration sont toujours en cours. Il s'agit donc encore d'un phénomène groupusculaire.




Liens avec l'extrême droite flamande ?


D'après notre enquête journalistique, ses initiateurs proviennent essentiellement de l'extrême droite radicale du Nord du pays. Le responsable flamand des SOO, David B., affirme avoir milité au Vlaams Belang. Comme membres ou sympathisants, certains sont d'ailleurs encore liés à des groupes bien connus : Voorpost, Autonome nationalisten Vlaanderen, Pegida-Vlaanderen... Parmi eux, il y a aussi des sympathisants du Vlaams Belang ou de plus petites initiatives national-flamandes locales, comme Forza Ninove.Le 10 mars dernier, le blog antifasciste Verzet-AFF, le partenaire flamand de RésistanceS.be, informait que les Soldiers of Odin s'étaient affiliés à un réseau européen d'extrême droite qui porte le nom d'European Liberty Coalition. Dans cette coalition européen de la liberté se trouve également la Dutch Self Defense Army (DSDA), un des nombreux groupuscules néonazis bataves. Selon Verzet-AFF, c'est la Vlaamse Verdedigings Liga (VVL, Ligue de défense flamande) qui représente la Belgique au sein de l'European Liberty Coalition.
Cette VVL a pour origine les ligues de défense antimusulmanes créées dans plusieurs pays européens, le plus souvent par des militants d'extrême droite, suite à l'apparition en Grande-Bretagne, en 2009, de l'English defense league (EDL), dont le terroriste raciste d'ultra-droite Anders Breivik était proche (sur l'EDL et son implantation en Belgique, lire l'article de RésistanceS.be du 6 septembre 2013 : Des ligues de défense belges pour combattre « l'islamisation du pays »).


A l'heure actuelle en Flandre, c'est cette Ligue de défense flamande qui est au coeur du scandale suscité par les propos racistes, suite à la mort accidentelle au Maroc d'un jeune belgo-marocain, diffusés sur sa page Facebook.





Des Soldats d'Odin aussi en Belgique francophone ?
Existe-t-il également du côté francophone, un « chapitre » des Soldiers of Odin ? Sur le réseau social Facebook est apparu, tout récemment, un groupe intitulé « Soldiers of Odin Belgique support ». Son responsable est Michel P. qui s'y présente comme étant un « sapeur pompier ambulancier », habitant à Saint-Hubert. En mars dernier, il affirmait travailler en étroite collaboration avec David B., le chef des SOO en Flandre.

Parmi les sympathisants belges francophones des SOO, deux membres du mouvement Nation ont été repérés : Andy VDH. et Jonathan D. En février dernier, ils avaient été sévèrement condamnés, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, pour le tabassage d'un SDF. Andy VDH. et Jonathan D. sont membres d'une mouvance néonazie active au sein de Nation. Ils sont notamment en contact avec l'Europese weerstands beweging-Mouvement européen de résistance (EWB-MER). Malgré son nom ronflant, il s'agit d'
un tout petit groupe néonazi païen sectaire, installé en Flandre essentiellement.

Une vieille connaissance figure encore dans la « galaxie francophone » de ces soldats, Patrick H. Membre de la direction du Front national belge, dans les années 1980, il avait ensuite fait scission, fondé le « Bloc Belge » et s'était allié avec les néonazis flamands du Nationaal front, conduit par un ancien chef du Vlaamse militanten orde (VMO).



Discours racistes de haine


Un sympathisant des SOO, habitant à Namur, publiait le 25 mars dernier sur la page de son profil FB, une photo du tueur de masse raciste Anders Breivik, avec le commentaire suivant : « Lui il avait compris depuis longtemps ». Le même individu - se présentant comme un nouveau « combattant templier » - revendiquait alors le droit de s'armer contre les ennemis de la Nation. Un autre commentaire tout aussi inquiétant a été découvert sur le mur des Soldiers of Odin Belgium, posté par l'un de ses sympathisants agissant sous le pseudo de « Krav Jaco » : « Vive les soldats d'Odin enfin des hommes qui bougent contre ces sous merde de muz ». Dans les écrits racistes, le mot « muz » désigne, de manière semi-codée, les musulmans.

« Blanche Europe », un site français d’information et d’analyse qui défend un « nationalisme sans concession » au service de la « race blanche » (sic), mentionnait ce mercredi aux sujets des révélations sur ces quatre militaires belges membres des SOO : « Le harcélement professionnel, une spécialité des anti-blancs. Avoir une armée profondément divisée racialement, comme c’est devenu le cas en France : pas de problème ! Mais des soldats qui – horreur – n’apprécient pas la destruction de leur pays ? Intolérable ! ».







Des militaires membres des Soldats d'Odin ?

La présence de militants d'extrême droite au sein des forces armées belges n'est pas une nouveauté. Dans les années soixante, une tendance national-catholique fascisante y était même fort active autour du lieutenant-général Émile Janssens. Au sein du Front de la jeunesse, la plus important organisation nationaliste des années septante, les militaires qui en étaient membres se retrouvaient dans une structure semi-clandestine, le « groupe M » (M pour militaire). Il existait aussi le « groupe G » pour les frontistes venant de la Gendarmerie royale de l'époque (sur le Front de la jeunesse voir notamment ici). Dans les années quatre-vingt, des militaires de carrière, notamment établis à l'Etat-major d'Evère, faisaient partie du WNP, une organisation secrète néonazie (voir ici). Au milieu des années nonante, parmi les activistes du BBET (Bloed, Bodem, Eer en Trouw), il y avait quelques militaires de carrière. Le BBET était un groupe clandestin hitlérien préconisant la lutte armée dans le cadre d'une « guerre raciale » qu'il souhaitait provoquer.

Comme déjà le WNP dans les années quatre-vingt et les Soldats d'Odin aujourd'hui, le BBET se revendiquait aussi de l'héritage religieux mythologique païen scandinave et germanique. C'est d'ailleurs toujours le cas de la bande de motards menée par Tomas B., l'ex-dirigeant du BBET et ancien militaire de carrière par ailleurs (sur le BBET voir ici). Son club de moto se dénomme « Mjöllnir » qui dans la mythologie nordique était le marteau de Thor.

Les révélations de hier au sujet de quatre militaires membres des Soldiers of Odin Belgium ne sont donc pas étonnantes. Dans son enquête mener entre les mois de mars et avril, le journal RésistanceS.be avait déjà repéré dans la liste des affiliés revendiqués sur Facebook au moins trois militaires de l'Armée belges. L'un de ceux-ci s'affichait comme étant même membre des « spéciales forces » et un autre de l'armée de l'air.



Les quatre militaires belges membres des Soldats d'Odin, selon une information du journal La Dernière Heure, « ne sont pas les seuls à copiner avec des milieux extrémistes. "En tout, 50 soldats sont concernés", confirme le cabinet du ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA). Certains feraient partie de groupe d’extrême droite, d’autres de groupes néonazis ou salafistes ou encore des gangs de motards.

La Défense n’a pas souhaité confirmer la nature de ces groupuscules mais a affirmé que ceux-ci, ainsi que les 50 soldats en question, sont étroitement surveillés par la Sûreté de l’État et les services de renseignement de la Défense. 
».






Quel avenir pour les Soldats d'Odin en Belgique ?


L'implantation dans notre pays d'une section, d'une division ou d'un chapitre d'une organisation politique d'extrême droite ayant connu un certain succès à l'étranger n'est pas une nouveauté. Dans le milieu des années quatre-vingt, après les premiers succès électoraux du Front national français, un FN en Belgique avait été fondé sur son modèle. Par la suite, d'autres copies belges de mouvements implantés ailleurs en Europe sont apparues : les « divisons » flamande et wallonne de Blood& Honour (B&H), une organisation nazi-skine anglaise ; de Combat 18, une des dissidences de B&H ; de l'Englishdefence league (EDL), du mouvement allemand des Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident  (Pegida) ; des Autonomes nationalistes, une mouvance de groupes néonazis provenant d'Allemagne et des Pays-Bas...

Dans la plupart des cas, ces versions belges ont été, très vite, caractérisées par l'appatrition de conflits internes, de rivalités entre ses leaders locaux, puis par leur division et leur éparpillement dans d'autres groupuscules. Dans la majorité des cas, on assiste alors à un phénomène éphémère.

M.AZ / Rédaction de RésistanceS.be



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NOUVELLE INFO EXCLUSIVE > 10 AOÛT 2016


Le journal RésistanceS.be poursuit son enquête sur l'implantation en Belgique des Soldats d'Odin.


A LIRE :

Une section « Flanders » des Soldats d'Odin active à Hal





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mercredi 3 août 2016

L'extrême droite turque présente au rassemblement pro-Erdogan ce dimanche à Cologne




[RésistanceS.be – Dimanche 31 juillet 2016]




Les journaux télévisés de ce dimanche 31 juillet ont relaté, images à l'appui, la manifestation de soutien au président turc Erdogan. Elle s'est déroulée dans la même journée dans la ville allemande de Cologne.

Selon les sources, entre 20 000 et 40 000 turcs d'Allemagne, mais aussi de Belgique, partisans du gouvernement d'Ankara y étaient présents. Ils manifestaient ainsi leur appui à l'actuelle répression massive qui s'abat en Turquie contre les militaires putschistes, mais également (et surtout) contre les opposants réels et potentiels du régime autoritaire d'Erdogan.



Extrême droite présente !



Comme le montre notre document ci-dessus, le journal RésistanceS.be a également repéré dans la foule de ce rassemblement nationaliste turc la présence de membres du Milliyetçi Hareket Partisi (MHP).

Le MHP (en français : parti d'action nationaliste) est une formation d'extrême droite, connue essentiellement par les méfaits commis par les « Loups Gris », son organisation para-militaire. Dans notre pays, le MHP est par ailleurs très bien implanté dans l'immigration turque.



L
a rédaction de RésistanceS.be





PLUS D'INFOS ?
Sur le soutien de l'extrême droite à Erdogan lire notamment notre récent article :


Qui sont les « démocrates » qui ont soutenu Erdogan contre les putschistes ?

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L'auteur de la fusillade de Munich était bel et bien d'extême droite



[RésistanceS.be – Jeudi 28 juillet 2016]





RÉVÉLATION Vendredi dernier, un jeune allemand d'origine iranienne, Ali David Sonboly, abattait à l'arme à feu neuf personnes dans un restaurant rapide munichois. Très vite, la fusillade fut attribuée à trois terroristes islamistes. Mais aujourd'hui, l'enquête judiciaire confirme les premiers soupçons, partagés dès le soir de la fusillade par le journal RésistanceS.be. Le terroriste n'était pas un djihadiste mais un disciple d'Anders Breivik et un sympathisant d'extrême droite.



Moins d'une semaine après le massacre commis dans un restaurant rapide munichois, l'enquête menée par la police allemande démontre que l'appartenance idéologique de son auteur n'est pas « islamiste » mais plutôt liée à l'extrême droite raciste. Cette enquête apprend qu'Ali David Sonboly, jeune germano-iranien de 18 ans, se revendiquait doublement comme un « aryen » (une des origines indo-européennes des aryens se trouve dans l'Iran antique).

Le tueur partageait même des idées d'extrême droite bien ancrées et avait hurlé, après son massacre, et juste avant de se suicider, qu'il était « Allemand » et qu'il « détestait les étrangers ». Préparée depuis un an, son action terroriste s'est déroulée cinq ans, jour pour jour, après l'attentat contre le gouvernement norvégien et le massacre de jeunes militants socialistes par le terroriste Anders Breivik (77 morts).


Un obsédé d'Anders Breivik

Ce jeudi, le quotidien français Le Figaro est revenu en détail sur le tournant important de l'enquête sur le massacre de Munich.

Dans un article publié sur son site internet, Le Figaro note que « le jeune forcené germano-iranien [...] avait des idées d'extrême droite racistes, même s'il ne faisait pas partie d'un groupuscule de la mouvance, ont indiqué aujourd'hui les autorités locales. ». Rapportant les propos du ministre régional de l'Intérieur de Bavière, le journal Le Figaro informe à propos d'Ali David Sonboly : « Il y a des indices clairs qu'il avait dans ses pensées des sympathies allant dans cette direction [...]. La police avait indiqué dès ce week-end que le jeune homme [...] était obsédé par les tueries de masse et en particulier par celle commise par le Norvégien Anders Behring Breivik. Ce dernier avait abattu 77 personnes, des jeunes surtout, en 2011. ».

Le Figaro précise encore que « les neuf victimes étaient étrangères ou avaient une origine étrangère. Depuis, l'enquête a permis de trouver des éléments attestant des vues d'extrême droite du jeune homme, fils de demandeurs d'asile iranien et né en Allemagne. En particulier, il était fier d'être né un 20 avril (1998), le même jour qu'Adolf Hitler (1889). "Il y a des indices (...) montrant qu'il percevait cela comme quelque chose de positif pour son destin", a dit M. Herrmann. »

Au niveau de son « identité » aryenne, le journal français écrit : « 
Selon le quotidien ''Frankfurter Allgemeine Zeitung'', qui cite des sources policières, le jeune homme, Ali David Sonboly, se considérait comme "aryen", de part sa nationalité allemande mais aussi du fait de son origine iranienne. Les Aryens sont supposés avoir été à l'origine un peuple indo-européen, implanté dans l'Antiquité dans ce qui est aujourd'hui l'Iran. Les nazis ont détourné cette histoire en affirmant que les Aryens venaient d'Europe du Nord. »


Piste d'extrême droite évoquée par RésistanceS.be

Quelques heures seulement après la fusillade de Munich, une piste possible d'extrême droite avait déjà été évoquée par le journal RésistanceS.be sur son « groupe privé » Facebook, via une « dépêche » titrée « Fusillade à Munich : plusieurs hypothèses ». Alors qu'il était toujours question de trois tueurs, nous écrivions ceci : «
 La piste d'une attaque djihadiste est évoquée. Mais d'autres hypothèses sont également possibles, comme un braquage qui a mal tourné (les premiers tirs se sont produits dans un restaurant rapide, puis dans le centre commercial au moment de la fuite des auteurs des coups de feu) ou une action terroriste d'extrême droite.

Durant les faits, un des assaillants a crié « Je suis allemand ». La fusillade s'est produite, jour pour jour, cinq ans après la tuerie de masse commise par Anders Brievik en Norvège, un terroriste d'ultra droite agissant officiellement contre la "société multi-culturelle".

Ce soir à Munich, le corps sans vie d'un des assaillants de la fusillade a été retrouvé. Son identité pourra certainement mieux déterminer les raisons de cette tuerie. L'identité des personnes abattues aussi. A SUIVRE ! »






Complot pour écarter la piste islamiste

Dans la soirée et la nuit du 22 juillet dernier, sur Facebook des internautes, se prenant sans doute pour des experts en terrorisme, avaient fait de cette fusillade un nouveau attentat de l'organisation de l'État islamique, après celui commis une semaine auparavant à Nice.

Ensuite, quand le nom de l'auteur du massacre de Munich fut révélé, les tenants de la « thèse islamiste » feront d'Ali David Sonboly, certes avec beaucoup de confusion (notamment entre le sunnisme et le chiïsme), un disciple de Daesh (d'obédience sunnite). Pour renforcer leurs dires, les partisans de la thèse islamiste ont systématiquement évoqué l'origine iranienne du tueur, occultant sa nationalité allemande, et le nommait sans mentionner son second prénom (David). Ce qui n'est, ici, pas un hasard.

Sur Facebook, l'évocation de la « piste d'extrême droite » et le lien avec Anders Breivik émise, dès le soir du massacre par RésistanceS.be, a fortement été attaquée par les partisans de la « piste djiadiste. »

Un certain Edmund Dick (il s'agit d'un pseudonyme), dans un de ses nombreux commentaires postés, avait répondu ainsi : « 
En deux temps trois mouvements la piste musulmane est écartée et c'est la faute de l'extrême droite. ». Un autre facebookien (Roger DL) affirmera au sujet de notre hypothèse : « Non, le terrorisme aujourd'hui provient de l'Islam, rien que l'Islam à de rares exceptions près, le terrorisme nationaliste et indépendantiste du siècle passé est réduit à quasi plus rien. Le terrorisme d'extrême droite, le fait de quelques "loups solitaires", en fait surtout un en Europe, Breivik, ou de quelques groupuscules de quelques individus non structurés s'en prenant à des centres d'accueils de réfugiés en Allemagne. ». Un psychiatre bruxelllois très actif sur Facebook et adepte avoué des thèses conspirationnistes, Marc R., nous écrira ceci en réponse : « 5 ans après Breivik, donc Breivik est la cause; sûr... ».

Ce jeudi 28 juillet,
après les révélations sur l'admiration que portait Ali David Sonboly à Adolf Hitler, un certain Christophe H., toujours sur Facebook, suite à la piste d'extrême droite défendue par RésistanceS.be et pour justifier la piste islamiste, répondait par ce commentaire lapidaire: « Un "admirateur d'Hitler", comme le Grand Mufti de Jérusalem, où comme certains de ces gens qui vivent dans des pays où Mein Kampf est un best-seller ... ».





Une bonne leçon


Ceux qui rejettent la piste - aujourd'hui confirmée par l'enquête policière - d'un acte commis par un jeune disciple de l'extrême droite raciste se positionnent sur les « théories du complot ». Pour eux, les autorités politiques allemandes, avec la complicité de la police et des médias, cachent à la population la réelle identité du tueur : un Iranien musulman fanatisé.



Ce tournant décisif de l'enquête sur la fusillade de Munich devrait maintenant servir d'enseignement à ceux qui affirment trop rapidement, par un conditionnement pavlovien, que « tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais que tous les terroristes sont des musulmans »...



MANUEL ABRAMOWICZ
Rédaction de
RésistanceS.be





PLUS D'INFOS ?

Munich: le tueur avait des idées d'extrême droite> Article publié ce 28 juillet 2016 sur le site Internet du quotidien français Le Figaro.

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