samedi 15 août 2015

Qui sont les agresseurs de Nation, selon ses propres dirigeants ?




[Première édition de cet article : 6 juin 2015 – Réactualisation : 14 juillet 2015].


Lundi dernier, un SDF était lynché à Bruxelles par six nazis-skins, membres du mouvement d'extrême droite Nation. Ses dirigeants ont pris leur défense. Avec une maladresse extraordinaire qui pourrait encore plus les enfoncer. Certains sont des repris de justice. L'avenir du mouvement Nation pourrait être menacé pour infraction à la loi interdisant les milices privées.


         > Quelques coupures de presse sur cette agression.

Suite aux révélations sur la lâche et ultra violente ratonnade commise, lundi dernier en face du Parlement européen de Bruxelles, contre un SDF par six nervis du mouvement Nation (revoir
ici notre article), le journal d'investigation RésistanceS.be a obtenu de nouvelles informations capitales dans ce dossier.

Elles complètes celles diffusées dans les différents médias à propos de ce lynchage. Ainsi que les déclarations et les aveux d'appartenance des agresseurs à Nation faits par son président bruxellois en personne, Eddy De Smet, au quotidien La Dernière Heure et au journal télévisé de La Une (RTBF).


Fils de policier et casier judiciaire
Ancien policier (pourquoi ne l'est-il plus ?) et ex-vice-président du Front national belge, De Smet y affirme notamment à propos des auteurs des faits :

  • « [L’un d’entre eux est le] fils d’un officier de police, qui tente actuellement de faire avancer les choses. »
  • « Parmi eux, on ne va pas se cacher, certains ont un casier judiciaire et risquent gros. » (extrait de ses propos publiés dans la DH du 3 juin dernier).

Eddy De Smet avance donc que Nation a des contacts avec un officier de la police qui tenterait
« de faire avancer les choses. » En faveur du mouvement d'extrême droite dont des activistes viennent de se rendre responsables d'un délit grave ? Si cela est le cas, il s'agit d'une nouvelle preuve du soutien dont bénéficie Nation auprès des forces de l'ordre. En cas contraire, Eddy De Smet s'est rendu responsable de calomnie et de diffamation à l'égard d'un officier de police en particulier, de la police belge en général. Et dès lors, il pourrait se retrouver devant Dame justice pour cela.

L'autre nouvelle essentielle portée à notre connaissance par ce chef bruxellois de Nation lui-même : parmi les membres de son mouvement impliqués dans la ratonnade, « 
certains ont un casier judiciaire et risquent gros. » Une déclaration qui est lourde de conséquences. En effet, il s'agit d'une ligne de défense des plus étonnantes de la part d'un dirigeant de mouvement politique : les militants de Nation en question sont enfoncés encore un peu plus par leur propre direction. Seront-ils lâchés pour finir par leurs chefs qui tenteraient d'éviter toute responsabilité avec l'agression ultra violente de lundi ? Une évidence : Eddy De Smet est un piètre porte-parole et un très mauvais chef de mouvement.


     > Eddy De Smedt, un as des interviews très maladroites – Image RTBF


Révélations recueillies par RésistanceS.be
Du côté du journal d'investigation RésistanceS.be, outre des menaces habituelles (fallait-il sans étonner), des « vents favorables » ont été reçus. Ces derniers proviennent directement de militants (ou d'anciens adhérents) de Nation et de parents de ceux-ci. Dans la plupart des cas, ils sont « 
dégoûtés » par ce tabassage d'un SDF (d'origine polonaise), considéré comme une « action des plus lâches, parce qu'on ne massacre pas à six un homme seul à terre ».

L'attitude des dirigeants du mouvement est également prise en grippe. « Tous des beaux parleurs de salon, mais en réalité des véritables peureux, qui une fois un danger immédiat en vue, se terrent comme des rats », nous a affirmé un ancien de Nation. Un proche d'un des six arrêtés après l'agression du SDF dénonce « la manipulation et l'embrigadement de jeunes en crise d'adolescence » par le mouvement Nation qui devrait être considéré comme un groupe sectaire.

Concernant les agresseurs de Nation ayant un casier judiciaire, la raison de ceux-ci, selon d'autres témoignages recueillis par RésistanceS.be, relèverait de faits divers liés à de la délinquance : possession d'armes prohibées mais aussi trafic de drogues, pour au moins l'un de ceux-ci. Si tel était le cas, le profil des membres de Nation en prendrait un terrible coup. Le mouvement dans son ensemble aussi.

Pour rappel, le fonds de commerce permanent de Nation, comme tous les partis et groupes d'extrême droite, est la dénonciation de l'insécurité dans nos rues. C'est pour cette raison qu'il propose (officiellement) à ses quelques électeurs de donner un coup de balai contre la corruption (des politiciens), la contre-information (des journalistes), la violence (de l'extrême gauche et des antifascistes) et la délinquance (des jeunes immigrés). Les problèmes d'insécurité, c'est toujours de la faute des autres, selon Nation. Récemment encore, sur le mur Facebook de Jean-Pierre Demol, le président (fantoche) de ce mouvement, lui-même et plusieurs autres membres s'en prenaient à « l'africanisation de l'Europe », « à la racaille africaine », « aux bicots », « aux sales bougnoules »... Sur le même mur, un de ses fidèles écrira encore (à sa manière) à propos de ses actions contre les manifestations légales d'immigrés : « La prochaine fois vous dite quoi et alors je viendrait avec du monde pour nettoyer cette race de merde. » (sic).

> Dans La Dernière Heure, Eddy De Smet dévoile le pedigree de délinquant de certains membres de Nation arrêtés – Photo : RésistanceS.be.


Groupe sectaire et milice privée
En résumé, Nation est un mouvement qui rassemble de plus en plus de jeunes garçons en mal d'actions, désoeuvrés, en crise d'adolescence prolongée, en rupture familiale et dont certains posséderaient des casiers judiciaires, selon Eddy De Smet lui-même.

Le mouvement Nation prend également, de plus en plus, les allures d'un groupe sectaire qui manipule ces jeunes et d'une milice privée violente (à ce sujet voir l'article de RésistanceS.be datant déjà d'avril 2014 : « Le mouvement Nation est-il une milice privée violente ? »). Un profil en infraction avec nos lois. Pour combien de temps encore Nation va pouvoir continuer à nuire et représenter un danger dans nos rues ?

SIMON HARYS


© Journal en ligne  RésistanceS.be | RésistanceS-Infos.be | Bruxelles | 6 juin 2015 et 12 juillet 2015 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICI



.