mardi 1 septembre 2015

Tabassage du SDF polonais : crise interne chez NATION

[RésistanceS.be – Mardi 1er septembre 2015 - Nouvelles illustrations  : 7 septembre 2015]

Après la violente agression d'un SDF, en juin dernier, par les « six de NATION », d'anciens militants de ce mouvement d'extrême droite se sont exprimés publiquement. Ils estiment que le « bateau coule » et dénoncent sa direction qui utiliserait ses jeunes militants comme des « kamikazes » à des fins politiques. Une nouvelle structure militante pourrait accueillir ces ex de NATION.


> Dialogue en mars 2013 sur Facebook entre deux membres de NATION à propos de la violence en groupe – Doc. RIDAF



Le tabassage du SDF polonais, commis le 1er juin dernier à Bruxelles, après une action organisée contre une manifestation légale de demandeurs d'asile, a véritablement « provoqué un flottement au sein du Mouvement ». Comme l'avoue une « mise au point » du comité exécutif de NATION destinée à ses affiliés et communiquée trois jours avant la première audience du procès des six de ses militants présumés auteurs du tabassage (voir ici notre article sur ce procès).

Cette ratonnade impopulaire, y compris auprès de l'électorat d'extrême droite, a donné lieu à l'ouverture d'une véritable crise interne dans les rangs de NATION. Une diminution de ses activités a notamment été observée. Ainsi que le départ de plusieurs de ses militants.


« Comme les racailles de banlieue »

Quelques jours après le lynchage du SDF, des activistes et d'anciens militants de NATION (qui avaient déjà fait dissidence voici plusieurs mois) ont clairement condamné cet excès de violence gratuite. L'un d'entre-eux écrira sur Facebook (texte retransmis tel quel) :

« Désoler mais à 6 sur un seul mec même si c'est un putain de gauchot qui est au sol je trouve sa dégeulasse.... vous avez pas l'impression de vous mettre à leurs niveau sur se coup là ??? »

En réponse, un autre postera le commentaire suivant :

« Tant qu'il est debout, si c'est lui qui attaque... ca me gene pas qu'ils lui en aient mis une... mais quand il est au sol... continuer à six ... ca me fait pensé aux vidéos des racailles de banlieue... »




« Le bateau coule »

Un des anciens chefs de Jeune Nation, structure militante regroupant « les jeunesses » du mouvement, qu'il avait rejoint au début des années 2000, précisera, à sa manière, le concernant suite à l'agression du SDF polonais :

« [...] tout le monde sais fermement surement que j'ai quitter le bateau avant qu'il coule et rester qlq temps part solidarité avec ceux de ma ville qui sont de plus devenu des amis ! Mais y a bien longtemps que j'ai plus fois en NATION et la vont droit dans des prob juridiques etc etc. »

Plus loin, il écrira en direction des dirigeants de NATION et des agresseurs du SDF  :

« Ils ce disent on a plus rien a perdre le bateau coule, trouvons des kamikaze sa va finir en clément mérique à la sauce Belge. » [Il s'agit ici de Clément Méric, jeune militant antifasciste tué, en juin 2013 à Paris, lors d'une bagarre de rue avec des jeunes nazis-skins du mouvement Troisième Voie, lié alors au mouvement NATION. Voir notre article ici].


Nationalistes autonomes Wallonie 

Depuis, certains dissidents de NATION poursuivent le « combat nationaliste, identitaire et solidariste » de manière plus discrète. Fin juin, comme l'année dernière déjà, un « solstice d'été » à la mode nazie s'est organisé dans une forêt du Hainaut, avec des « camarades » venus aussi de Flandre et du nord de la France.

Le mois suivant, un nouveau groupe militant a officiellement été fondé, sous le nom de Nationalistes autonomes Wallonie (NAW). Cette structure est en réalité une initiative des Autonome Nationalisten Vlaanderen (ANV), un groupuscule néonazi flamand qui, jusqu'il y a peu de temps encore, était le principale partenaire politique en Flandre de NATION. Des tensions entre les deux groupes sont ensuite apparues, en mai dernier, juste avant la ratonnade du SDF.

Pour l'instant inactifs, les NAW pourraient accueillir, un jour ou l'autre, une partie de ceux qui ne font plus confiance aujourd'hui aux dirigeants du mouvement NATION. L'extrême droite belge francophone reste ainsi groupusculaire et atomisée.


ANNE-LAURE DE RYCK
Journal d'investigation RésistanceS.be


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