lundi 31 août 2015

« L'Assaut », disparu avant sa dissolution judiciaire

[RésistanceS.be – Lundi 31 août 2015]


CHRONIQUE JUDICIAIRE -  La violence est en général endogène à l'extrême droite. Tabassages et actions commandos sont au programme de groupuscules qui la composent. Ce fut le cas du groupe néonazi L'Assaut. Afin d'éviter des poursuites judiciaires, son chef décida de le dissoudre. Officiellement. Ses pratiques illégales de jadis sont en effet toujours en vigueur aujourd'hui.



> Pêle-mêle d'articles de presse consacrés aux méfaits ultra-violents du groupe néonazi L'Assaut, souvent considéré comme une milice privée – Doc : RIDAF-RésistanceS.be



De 1988 à 1993, le « groupe L'Assaut » a été l'un des représentants de l'extrême droite francophone les plus actifs. Il agit alors dans l'ombre des trois partis électoralistes « nationalistes » de Bruxelles et de Wallonie de l'époque : le Parti des forces nouvelles (PFN), fondé en 1983 par le Front de la jeunesse (FJ), le Front national (FN), mis sur pied en 1985 par le docteur Daniel Féret, et le « front wallon » AGIR, créé en 1989 par des dissidents liégeois du PFN. Le groupuscule a aussi alors des contacts avec la droite extrémiste radicale flamande : Vlaams Blok, Nationaal front, Odal gruppe, Voorpost, Blood and Honour Vlaanderen...

L'Assaut est un « groupe d'action nationaliste ». Il regroupe essentiellement des jeunes militants, d'abord à Bruxelles, puis à Charleroi, à Liège et à Namur. Quelqu'uns de ceux-ci proviennent du PFN. Son dirigeant-fondateur, Hervé Van Laethem, un militaire de carrière, a lui été formé par l'Europèse partij-Parti européen (EPE), un groupuscule « national-socialiste hitlérien » implanté à Schaerbeek, dans les années quatre-vingt. Comme l'EPE, L'Assaut est directement issu de la mouvance néonazie belge. Le racisme primaire, l'antisémitisme historique, l'antisionisme détourné, le négationnisme pervers... font partie de sa propagande. L'ex-SS wallon Léon Degrelle est le modèle de ce groupe. Des dirigeants et des militants de celui-ci partent régulièrement à sa rencontre en Espagne où le fondateur de Rex, le parti catholique d'extrême droite des années trente, a trouvé un asile politique depuis la chute du Troisième reich nazi.



Néonazis du groupe L'Assaut et de la milice privée VMO, en Allemagne à la fin des années quatre-vingt, sur la tombe de Rudolf Hess, le numéro deux de la dictature hitlérienne - Doc. Archives RIDAF.




Stratégie pour éviter la justice


Le groupe L'Assaut va se faire connaitre pour ses opérations coups de poings lors de manifestations d'extrême droite, dont il assure parfois le service d'ordre. Dans son organe de liaison, au titre éponyme, il prône la violence contre ses nombreux ennemis et appel même à éliminer Nelson Mandela, le leader sud-africain anti-apartheid, par pendaison, dans la plus pure tradition des lynchages racistes de noirs, commis aux Etats-Unis par le KKK, dont il se revendique. Il proclame également qu'il veut se substituer à la police pour, les armes à la main, « régler la circulation si la crapule immigrée descend dans la rue » (comme cela est mentionné en couverture du n°36, de juin 1991, de son bulletin de presse : voir plus bas). Il s'agit d'une infraction qui tombe sous le coup de la loi de 1934 interdisant en Belgique les milices privées.

Suite à des actions violentes (tabassages en rue, bagarres lors de manifs, opération commando contre un stand antiraciste...), son chef, des militants ou des sympathisants de L'Assaut ont été arrêtés, emprisonnés, poursuivis devant les tribunaux et condamnés. En 1993, afin d'éviter d'éventuelles poursuites judiciaires pour constitution d'une milice privée, L'Assaut va arrêter de lui-même ses activités.

Pseudopode du VMO-Bruxelles, la section bruxelloise francophone du Vlaamse militanten orde (VMO), le chef de L'Assaut ne veut pas être pris dans les mailles du filet de la justice. Comme le furent, dix ans auparavant, les leaders du VMO et du Front de la jeunesse. Ces mouvements néonazis  organisaient, notamment, des camps d'entrainement paramilitaire dans les Ardennes, des défilés en uniformes et des actions commandos violentes contre des manifestations antifascistes, des locaux de travailleurs immigrés...

La disparition volontaire du groupe L'Assaut a donc été une stratégie. Dans les faits, le noyau dur qui le constitue poursuivra en effet son combat pour « L'Europe blanche » et l'« Ordre nouveau ». En 1995, il participe à la création d'un FN bis, constitué autour de la nouvelle députée fédérale frontiste, Marguerite Bastien, qui avait fait dissidence quelques semaines après son élection au Parlement. L'Assaut devient un des pilier de son Front nouveau de Belgique (FNB). Hervé Van Laethem, avec d'autres du groupe, se charge d'encadrer les « jeunesses » du FNB. Mais après des conflits internes, il va finir par claquer la porte de ce nouveau parti d'extrême droite pour créer, en septembre 1999, son propre mouvement politique et électoraliste, le « Mouvement pour la Nation », connu aujourd'hui sous le nom de « Nation ».



Doc. Archives RIDAF.
Une nouvelle milice privée ?

Le premier juin dernier, six militants (dont un dirigeant, Pascal C.) de Nation ont été arrêtés de manière musclée par des policiers aidés par des militaires belges. Ces nervis venaient de tabasser un punk, sans-domicile-fixe et d'origine polonaise, sur la place du Luxembourg, juste en face du Parlement européen à Bruxelles, après une opération préméditée du mouvement Nation visant à empêcher le déroulement d'une manifestation légale de collectifs de demandeurs d'asile (voir nos articles « 
A six contre un : un SDF a été tabassé par des activistes de Nation » et « Qui sont les agresseurs de Nation, selon ses propres dirigeants ? »).

Ce passage à tabac, à six contre un, rappelle sérieusement ceux commis jadis par des membres du groupe L'Assaut. Force est de constater que ses méthodes et son idéologie perdurent toujours de nos jours (voir notre article « Le retour du groupe néonazi L'Assaut ? Le mouvement Nation est-il une milice privée violente ? »). Méthodes et idéologie caractérisant la reconstitution d'une milice privée...


ALEXANDRE VICK
Journal en ligne d'investigation RésistanceS.be


REVUE DE PRESSE - LE GROUPE L'ASSAUT, VIOLENCES & MILICE PRIVÉE

Voici quelques articles, vieux de plus de vingt ans pour la plupart, provenant des Archives du RIDAF (Réseau d'informations et de documentation antifasciste) sur les violences du groupe L'Assaut et les poursuites judiciaires contre des militants et des dirigeants de celui-ci.






















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jeudi 27 août 2015

L'avocat belge de Marine Le Pen passe au Parlement européen pour reconstruire un nouveau FN en Belgique ?

[RésistanceS.be – Jeudi 27 août 2015]


EXCLUSIVITE RESISTANCES.BE – Sa mission fut de liquider, devant les tribunaux, les frontistes de notre pays pour le compte de la présidente du FN français. Depuis, l'avocat liégeois, Ghislain Dubois, a été engagé comme assistant parlementaire européen par le Front national. En vue de la création, en 2017, d'un nouveau parti d'extrême droite en Belgique sous la houlette de Marine Le Pen ?



Lors d'une soirée du FN belge rénové en 2008, l'avocat liégeois Ghislain Dubois avec Jean-Marie Le Pen, alors toujours président du Front national français - Photo DR


L'histoire du « frontisme national » en Belgique débute en 1985. Avec la création, par un ancien membre du parti libéral, le docteur Daniel Féret, d'un FN local. Il prend la forme d'une asbl qui représente, officiellement dans ses statuts de fondation, le parti de Jean-Marie Le Pen dans notre pays. Une personnalité politique française qui bénéficie depuis les années septante de nombreux sympathisants chez nous (sur ces liens belgo-français, lire notre article « Les lepénistes belges de 1972 à nos jours »). Dix-sept ans plus tard, Marine Le Pen, l'héritière en 2011 du parti de son père, décide, dans le cadre de sa « stratégie de dédiabolisation », de garder une alliance tactique avec le Vlaams Belang au Parlement européen, mais de liquider définitivement politiquement ses partenaires belges francophones. Qui dans sa vie politique ne lui servent plus à rien.

Les considérant justement comme des « bons à rien et des mauvais en tout », leur compagnonnage avec des « mouvements néonazis », révélé par RésistanceS.be, notamment dans cet article « Le FN belge et Nation manifestent avec des néonazis », fut l'occasion pour la nouvelle présidente frontiste de donner le coup de grâce sur le plan judiciaire, avec de multiples plaintes déposées et procès intentés, aux différents clans frontistes qui se revendiquent du FN sur le territoire national belge. La partie n'est néanmoins pas encore entièrement gagnée pour Marine Le Pen, puisque subsiste toujours légalement, suite à un appel interjeté par lui, le Front national belge (FNB), la structure directement issue de l'asbl fondatrice de ce parti en 1985. Aux élections communales d'octobre 2012, quatre candidats de ce FNB – se présentant également sous le nom de « Ligue européenne, patriotique, égalitaire et nationaliste » (LEPEN) – furent d'ailleurs élus conseillers communaux à Charleroi, à Fleurus et à Châtelet. Sur le FNB/LEPEN, lire notre article : « LEPEN se présente aux élections en Belgique ».


Marine Le Pen, une simple cliente ?

A la manœuvre des actions judiciaires du FN français pour contrer les frontistes belges, il y a un avocat discret, du nom de Ghislain Dubois. Pour ce dernier, Marine Le Pen n'est officiellement qu'une cliente, comme une autre, comme il l'a récemment répété à RésistanceS.be. Pourtant, tout récemment ce membre du barreau de Liège a été engagé, avec un contrat de travail en bonne et due forme, au Parlement européen (PE) pour y devenir l'assistant parlementaire de la députée française Marie-Christine Boutonnet. Une pure et dure du Front national.Affiliée depuis 1979, elle siégera ensuite à son conseil national, deviendra la secrétaire de sa fédération du Tarn et dirigera, avec Bernard Antony, l'un des leaders du « courant national-catholique » du FN, son organe de presse territorial. Un périodique titré « 
Le Pays réel », comme le journal de Rex, la formation d'extrême droite catholique belge de Léon Degrelle dans les années trente.

Cet engagement professionnel - et clairement politique – de Ghislain Dubois pourrait être considéré comme un service rendu pour les actions judiciaires qu'il a enclenchées devant les juridictions belges, en faveur de sa « cliente » Marine Le Pen.


A l'extrême droite depuis 1988

Son intégration dans la fraction parlementaire du FN au PE n'est certainement pas uniquement liée à ses liens contractuels récents avec la présidente du parti français (auparavant d'ailleurs, il fut aussi l'avocat belge de Jean-Marie Le Pen). En effet, l'individu en question est, depuis plus de vingt-cinq ans, connu pour son engagement dans les rangs de la « droite nationale ». Comme le démontre un retour rapide dans son histoire politique personnelle.

Cofondateur en 1988, à Liège, de l'association politico-religieuse Belgique & Chrétienté - qui sera ensuite très vite accaparée par un certain Alain Escada, qui préside maintenant l'Institut Civitas lié aux catholiques traditionalistes scissionnistes lefebvristes, Ghislain Dubois participe déjà à la fête annuelle frontiste des « Bleus Blancs Rouges », dans la capitale française. Plus tard, on va le retrouver dans l'ombre du Front national de Daniel Féret, puis dans celle du FN « rénové », une dissidence frontiste conduite d'abord par le sénateur Michel Delacroix, puis par le député régional wallon Charles Pire, un transfuge de feu le Parti social-chrétien (PSC).

En 2007, à l'occasion de l'élection présidentielle française, le même Dubois cofonde – et en deviendra le président – le Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen. Ses autres membres-fondateurs sont tous à l'époque des dirigeants du FN rénové : Charles Pire, Jean-Pierre Borbousse, Patrick Sessler et Georges-Pierre Tonnelier (voir notre article qui lui fut consacré ici). L'avocat Ghislain Dubois est aussi un intime, depuis plus de dix ans déjà, de Bruno Gollnisch. Fidèle bras droit de Jean-Marie Le Pen, celui-ci est le numéro deux de sa formation et également le chef de file de ses nostalgiques. Gollnisch est effectivement connu pour son soutien affiché aux négationnistes et pour ses affinités idéologiques avec l'OEuvre française, le plus vieux mouvement d'extrême droite regroupant les derniers fanatiques du Maréchal Pétain, de Léon Degrelle (devenu après la Guerre 40-45 un modèle politique pour les radicaux de l'extrême droite européenne) et d'autres antisémites de la pire espèce. Comme nous le rappelions, en décembre 2008, dans notre article : « Forum pour les fanatiques de la Nation ».

En septembre 2008, lors d'un colloque de l'Institut du Pays Libre qui se tient au Centre Charlier à Paris, Ghislain Dubois est présenté comme étant le vice-président en Belgique des comités Chrétienté-Solidarité. Fondés en 1982 par ce même « centre » d'obédience « national-catholique », ceux-ci sont conduits par le frontiste Bernard Antony, déjà cité plus haut dans notre présent article pour ses liens avec la députée européenne FN dont Dubois est devenu depuis l'assistant. Le monde de la droite ultra est, pour finir, très restreint.


> Sans complexe, Ghislain Dubois affiche sur Internet ses liens avec Bruno Gollnisch, le leader des purs et durs du FN français.


Le 13 novembre 2010, l'avocat belge participe activement à la « Fête des patriotes », organisée à Villepreux, par l'association « les Amis de Bruno Gollnisch ». Il figure, comme orateur, au programme de son forum « Quel avenir pour les droites nationales en Europe », avec deux députés européens, l'un du Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik), l'autre du FPÖ autrichien, mais encore le vice-président du Parti national rénovateur portugais (droite radicale nationaliste) et le secrétaire général du Mouvement social-Flamme tricolore (MS-FT), un des pseudopodes du Mouvement social italien (MSI), issu du Parti national fasciste de Benito Mussolini.

Les participations actives de Ghislain Dubois en faveur du FN français et de sa sphère d'influence seraient-elles juste des « erreurs de jeunesse » et aujourd'hui, derrière lui ? Le 15 juin dernier, le même Dubois est une énième fois intervenu, comme orateur, pour le compte du FN français, aux « Journées d'amitiés politiques et patriotiques » organisées par sa fédération lilloise.



Force est donc de constater que sa carrière d'avocat se double d'un enrôlement politique clair et précis, certes discret, au sein de la droite la plus extrême. Et ceci depuis plus de vingt-cinq ans. Malgré tout, l'homme est aussi devenu une cible au sein même de sa famille politique : il est l'objet de plusieurs menaces et de nombreuses plaintes judiciaires ont été déposées contre lui par d'ex-camarades du Front national belge. Ce qui n'est pas de tout repos.


L'avocat liégeois Ghislain Dubois à la tribune d'une réunion publique récente du Front national français – Photo DR.


Le retour du « FN » en Belgique en 2017 ?

La promotion de Ghislain Dubois au rang d'assistant parlementaire européen pour le compte du FN français n'est pas uniquement celle de l'avocat belge de Marine Le Pen. Elle est aussi celle d'un véritable homme de l'ombre du frontisme national dans notre pays. Hypothèse : il pourrait dès lors, le moment (re)venu, être en charge de la remise sur pied d'une succursale locale du parti de Marine Le Pen, dont la popularité à Bruxelles et en Wallonie existe réellement (à ce sujet lire l'article de RésistanceS.be : « Succès de MarineLe Pen en Wallonie et à Bruxelles »).

L'extrême droite francophone – en alliance pourquoi pas avec le Parti populaire (lire notre article « Le Parti populaire monte au Front (national) »)– pourrait, si elle arrive à se restructurer sur de bonnes bases, réapparaitre aux élections communales de 2018. La carrière politique de Ghislain Dubois n'est peut-être dès lors pas finie.


MANUEL ABRAMOWICZ 
 Journal d'investigation RésistanceS.be




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dimanche 23 août 2015

Mort du journaliste d’extrême droite Emmanuel Ratier

[Droite(s) Extrême(s) sur RésistanceS.be - Dimanche 23 août 2015]

Photo publiée ce 20 août sur le site officiel dieudonniste « Quenelplus ».

Le journaliste d'extrême droite Emmanuel Ratier, animateur de l'émission « Libre journal de la résistance française » sur Radio courtoisie, et auteur de la lettre confidentielle bimensuelle Faits et documents, est décédé, mercredi 19 août, à l'âge de 57 ans, a annoncé le quotidien Présent sur son compte Twitter.

Ancien militant du Parti des forces nouvelles (PFN), concurrent du Front national dans les années 1970 et 1980, Emmanuel Ratier était un disciple du journaliste HenryCoston, antisémite et collaborateur, qu'il qualifiait de « maître » et qui avait été son témoin de mariage.

Diplômé de Sciences Po Paris et du Centre de formation des journalistes (CFJ), Emmanuel Ratier passe une partie de sa carrière à Minute, avant de lancer, en 1996, Faits et documents, une feuille d'information très bien renseignée sur les élites politiques françaises et leurs coulisses. Neuf ans plus tard, il ouvre dans le 9e arrondissement de Paris la librairie Facta, qui est une des dernières librairies d'extrême droite de la capitale.


Pluie d'hommages à l'extrême droite

Obsédé par le pouvoir supposé des « lobbies », n'hésitant pas à frayer avec la théorie du complot – il mettait en doute la véracité de l'attaque contre le Pentagone le 11 septembre 2001 –, Emmanuel Ratier avait accumulé au fil des ans une riche documentation sur l'extrême droite et son univers. Il est l'auteur d'une
Encyclopédie politique française (éditions Faits et documents, 1988).

Si les messages de condoléances ont fusé à l'extrême droite, de Jean-Yves Gallou, président de la fondation Polémia, à l'ex-gudard Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen, en passant par le site Egalité et Réconciliation d'Alain Soral, peu de membres du Front national ont salué sa mémoire.


Jean-Marie Le Pen s'est désolé de son décès, déplorant sur son compte Twitter « une perte immense pour la cause nationale . » Amaury Navarranne, tête de liste du Front national dans les Hautes-Alpes pour les élections régionales de décembre, et proche de Bruno Gollnisch, a quant à lui rendu hommage à un « extraordinaire journaliste d'investigation ».

BLOG DROITE(S) EXTRÊME(S)



NDLR : Le décès, suite à une crise cardiaque, d'Emmanuel Ratier est survenu le 19 août dernier, alors qu'il faisait de la spéléologie dans les gorges de l'Ardèche. Ses obsèques auront lieux mardi prochain au columbarium du Père-Lachaise, à Paris.


Le blog Droite(s) extrême(s), animé par Caroline Monnot et Abel Mestre, journalistes du quotidien français Le Monde, est l'un des partenaires en France de RésistanceS.be, qui republie régulièrement une sélection de leurs articles avec leur autorisation.


© Article du journal en ligne Droite(s) extrême(s) du 20 août 2015. Republié par  RésistanceS.be | Bruxelles | Dimanche 23 août 2015 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICI

Qui était Henry Coston ?

[RésistanceS.be, dimanche 23 août 2015. Extrait du « Dictionnaire des personnalités de l'extrême droite européennes » de RésistanceS.be]

Théoricien antisémite obsessionnel, des années trente jusqu'à son décès, à Caen le 26 juillet 2001, le Français Henry Coston a été le directeur de La Libre Parole, de 1930 à 1940. Portant le sous-titre « La France aux Français ! », ce journal avait été fondé la première fois, en 1892, par Edouard Drumont (1844-1917), l'auteur notamment du célèbre pamphlet antisémite La France juive (édition Flammarion, 1886).

Catholique traditionaliste, Henry Coston anime après la guerre 40-45 la mouvance national-catholique. Sa spécialité est l'élaboration, l'édition et la diffusion de « thèses conspirationnistes » nourrissant ainsi les fantasmes de l'extrême droite voyant partout la patte de la franc-maçonnerie et de la «haute finance vagabonde et anonyme» (dans le langage codifié des antisémites, il s'agit des Juifs).




L'héritier d'Henry Coston est Emmanuel Ratier, un ancien cadre du Parti des forces nouvelles (PFN). Ce dernier est l'auteur de nombreux ouvrages écrits dans le même objectif que son « maitre » (sic) : dénoncer le « pouvoir occulte » qui « dirige » réellement « le monde ».


Les amis belges d'Henry Coston

Lors de sa disparition, en juillet 2001, des hommages lui seront également rendus en Belgique. C'est le cas dans Polémique-Info, journal d'Alain Escada, président de l'association Belgique & Chrétienté et depuis de l'Institut Civitas, un pseudopode de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, catholique lefebvriste intégriste dissident du Vatican. Un hommage lui sera encore rendu dans Nation-Info, le mensuel du Mouvement Nation, de tendance « national-solidariste », dont le dirigeant-fondateur est l'ancien leader du groupe néonazi L'Assaut.

Dans les années septante, les ouvrages conspirationnistes d'Henry Coston étaient distribués en Belgique par Le Nouvel Europe magazine (NEM), un périodique ayant pour objectif la création d'un grand parti de droite, alliant la droite chrétienne conservatrice, les libéraux populistes et l'extrême droite. Henry Coston exerça une importante influence sur le NEM. Dont le directeur, Emile Lecerf, finira par rejoindre au début des années nonante le Front national belge, lui aussi acquis au corpus costonien.


DICTIONNAIRE DES PERSONNALITÉS DE L'EXTRÊME DROITE EUROPÉENNES





© Notice bibliographique extraite du « Dictionnaire des personnalités de l'extrême droite européennes » du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Dimanche 23 août 2015 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICI

samedi 22 août 2015

RésistanceS.be en Flandre


[RésistanceS.be – Samedi 22 août 2015]

Depuis son apparition en 1997, RésistanceS.be est partenaire en Flandre de l'AFF / Verzet. Informant en néerlandais sur et contre l'extrême droite, ce réseau antifasciste propose un blog alimenté quotidienne d'infos inédites. L'AFF / Verzet vient de publier un article consacré à notre nouveau média de communication. Le voici.




NIEUWE BLOG VAN « RÉSISTANCES »
Na meerdere aanvallen door hackers is de oude website van onze Franstalige collega’s van RésistanceS het voorbije weekend vervangen door een nieuwe blog: RésistanceS-Infos.be.

RésistanceS werd in 1997 opgericht als antifascistische onderzoeksgroep. Meerdere medewerkers werkten voorheen voor het Belgisch-Frans antifascistisch blad CelsiuS, maar schreven ook voor kranten en bladen als Moustique (het Franstalig broertje van Humo) en het gerenommeerde Le Monde Diplomatique. Daarnaast kon RésistanceS beroep doen op mensen uit de vakbonden, uit de antifascistische beweging, het onderwijs… Een ‘Raad van Wijzen’ stond hen bij, met daarin onder meer de Vlaamse onderzoeksjournalisten Walter De Bock en Hugo Gijsels.

Van 1997 tot en met 2000 was er het blad RésistanceS; vanaf 1998 is Résistances ook op het internet aanwezig. 

RésistanceS krijgt noch heeft subsidies gevraagd. Financiering gebeurt door giften van sympathiserende lezers. Zoals bij AFF/Verzet. Artikels van RésistanceS worden regelmatig opgepikt door de traditionele media (Le Soir, La Libre Belgique, RTBF…), meestal mét naamvermelding. In Vlaanderen doen klassieke media regelmatig beroep op de dossierkennis van AFF/Verzet, maar schromen ze zich er niet zelden voor om het Anti-Fascistisch Front (AFF) te vermelden als bron. Laatst nog een ‘kwaliteitskrant’, maar evengoed Het Laatste Nieuws bijvoorbeeld.

Vanaf het begin werd gepoogd medewerkers van RésistanceS te intimideren, waren er rechtszaken (minstens zes, waarvan maar één half verloren) tot en met doodsbedreigingen voor hoofdredacteur Manuel Abramowicz (foto 2). Vanaf december vorig jaar werd de bijna een jaar eerder gelanceerde website RésistanceS-News herhaaldelijk gehackt door tegenstanders van het antifascistische RésistanceS. Gehackt door een man pro de Russische president Vladimir Poetin, door een Turk die het verwijderen van de artikels over extreemrechts in Turkije eiste, en door een aanhanger van Islamitische Staat (IS).

Anders dan Le Soir, La Libre Belgique en La Dernière Heure die hun internetpagina’s ook door IS-aanhangers gehackt zagen, heeft RésistanceS niet de financiële en technische middelen om hun oude website terug online te krijgen. Wel bleef een oudere website van RésistanceS online, en een gesloten Facebookgroep van RésistanceS waar redactieleden en lezers regelmatig informatie uitwisselen. Ook vonden RésistanceS-artikels intussen hun weg naar bevriende websites en organisaties.

In afwachting van een volledig nieuwe website heeft de redactie van RésistanceS nu een nieuwe blog online gezet, waarop onder andere enkele artikels uit de periode waarin RésistanceS-News het moeilijk had online te blijven. AFF/Verzet werkt wanneer opportuun samen met RésistanceS. Voorbeelden van die samenwerking zijn de veel gelezen artikels Nederlandse neonazi’s bij betoging en rellen in Brussel en Zaak-Le Pen. Jan Jambon alweer betrapt op leugen.

Journalistiek is een engagement met risico’s”, zegt RésistanceS. “Wij wisten dit, wij hebben dit ervaren, en wij doen voort!”


AFF / VERZET




© Article du blog AFF / Verzet, Anvers, 20 août 2015. Republié sur  RésistanceS.be / RésisantceS-infos-blospot.be | Bruxelles | Samedi 22 août 2015 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK   ICI

vendredi 21 août 2015

Marine Le Pen à Bruxelles en septembre

[RésistanceS.be > Vendredi 21 août 2015]


Le 15 septembre, la présidente du Front national français viendra au Parlement flamand. Comme oratrice du « Colloque Souveraineté » organisé par le parti d'extrême droite flamand Vlaams Belang (VB).

Pour le président du VB,
Tom Van Grieken, ce colloque relève d'une importance capitale puisque « les élites de l’Union européenne nous obligent à payer les dettes des pays du Sud de l’Europe qui s’élèvent à des milliards d’euros. En même temps, l’Union européenne assiste impuissante au déferlement d’illégaux venus des quatre coins du monde pour s’installer durablement en Europe. Tout bon père de famille comprend que la faillite est ainsi inévitable. Une faillite dont vous payerez la facture. »


Réception en tenue de ville

Le colloque du Vlaams Belang se déroulera le mardi 15 septembre prochain, à 19h30 précises, dans « De Loketten », une salle se trouvant au coeurs même du Parlement flamand. Outre Marine Le Pen et Tom Van Grieken, deux autres orateurs y prendront la parole : la députée fédérale Vlaams Belang Barbara Pas et le député européen Gerolf Annemans, président du parti d'extrême droite flamand de 2012 à 2014. Après le colloque, ses participants sont invités par le VB à une réception. 
En tenue de ville requise.



Contre-manifestation

La venue à Bruxelles de Marine Le Pen suscite déjà l'organisation d'une contre-manifestation antifasciste, le même jour, mais une heure et demie avant, sur la place du Luxembourg. A son initiative se trouvent les Etudiants de gauche actifs (EGA) et la campagne antifasciste Blokbuster, deux structures du Parti socialiste de lutte (PSL, extrême gauche trotskiste).


Le web-journal RésistanceS.be reviendra dans les jours qui viennent sur ce colloque en présence de Marine Le Pen.


ALEXANDRE VICK



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