lundi 28 septembre 2015

Association des journalistes professionnels et RésistanceS.be



[RésistanceS.be – Lundi 28 septembre 2015]



Tout récemment, dans son mensuel, Journalistes, l'Association des journalistes professionnels (AJP) a informé ses membres (rédacteurs et éditeurs des principaux médias belges) de la nouvelle victoire judiciaire de RésistanceS.be contre l'extrême droite (cf. article ci-contre).

Contrairement aux tentatives multiples de cette dernière, parfois associée à la « galaxie Dieudonné », de tout faire pour tenter de museler notre journal, la presse belge et étrangère continue à reprendre nos informations sur les « petits secrets » de nos fachos locaux.

Par ailleurs, RésistanceS.be publie des textes d'opinion dans plusieurs médias d'informations de notre pays, comme le 9 septembre dernier dans les colonnes du quotidien
La Libre Belgique. Jeudi dernier, Manuel Abramowicz, pour RésistanceS.be, intervenait dans un débat sur la nature idéologique de la N-VA, dans le même journal, avec deux politologues de renom, Pascal Delwit (ULB) et Dave Sinardet (VUB) (Cf. ci-dessous)
Ce mardi, La Libre citera encore RésistanceS.be.



> La Libre Belgique, 24 septembre 2015

Incapable de faire taire
 RésistanceS.be, malgré des menaces, des pressions et des plaintes depuis plus de 18 ans, l'extrême droite se résume maintenant à quelques vaines gesticulations, avec le mauvais souffle, rouillé de surcroit, du sportif loser. Objectif : éviter les remous que suscitent systématiquement nos révélations dans ses propres rangs. La méthode ? Le mensonge et la manipulation de ses disciples.  Facho, oh oh oh...


Thérèse VAN CUSTERS




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Les « homo-fachos », le grand tabou de l'extrême droite



[RésistanceS.be – Lundi 28 septembre 2015 – Première publication : journal Même Pas Peur n°2, juillet-août 2015]


© Sondron


L'homosexualité est combattue par toutes les idéologies conservatrices, rétrogrades et fondamentalistes. Quelles soient religieuses ou politiques. L'extrême droite est extrêmement anti-homos. Elle est très contre. Certains de ses dirigeants sont pourtant physiquement très contre les homos. Homos eux-même ! Un tabou caché sous une chape de plomb. Cet été, le nouveau journal satirique et engagé belge Même Pas Peur publiait une notice sur ce sujet dans son « Dico des mots qui fâchent ». Avec son aimable accord, le journal RésistanceS.be, spécialiste dans l'information dévoilant régulièrement les « petits secrets » de l'extrême droite, vous le propose maintenant sur son blog.






Homo-facho -
(nom commun, masculin, variable. Synonyme : homo-nazi, homo-nationaliste, gay nationaliste) – Fusion raccourcie des noms communs « homosexuel » et « fasciste », il désigne les homosexuels qui militent dans des groupes ou des partis d'extrême droite.

En général et historiquement, il s'agit de garçons. Il n'existe aucun « courant d'extrême droite lesbien » connu.


> Discussion, à la manière du café du commerce, sur un réseau social entre activistes belges d'extrême droite
bien connus, à propos des homosexuels et des pédophiles – Doc. du RIDAF.


Les « gays nationalistes » sont-ils aussi des « enfilés » ?

Les « homo-fachos » sont soit refoulés, soit complexés. Le plus souvent, leur orientation sexuelle est niée, cachée (ce qui provoque des tensions haineuses intérieures violentes, au sens psychologique). Il arrive que les gays nationalistes soient tolérés, mais avec l'ordre formel - de type militaire – que l'expression de leur tendance ne s'étale pas sur la place publique. L'homosexualité constitue un des principaux tabous des milieux nationalistes, identitaires et populistes de droite. Les « homo-fachos » circulent dans un milieu hostile. Dans notre société, effectivement l'homophobie est essentiellement cultivée par l'extrême droite (et aussi chez les islamistes rabiques, les cathos fondamentalistes et les juifs orthodoxes).

Dans la propagande d'ultra droite, les homosexuels sont désignés par les termes suivants : « pédés » ou « pédérastes » (termes classiques), « invertis », « enfilés » et « sodomites » (termes plus cash). A l'exception de sa présidente Marine Le Pen et de son numéro deux Florian Philippot (un transfuge gaulliste du mouvement républicain de gauche de Jean-Pierre Chevènement), le Front national français a participé activement à la campagne contre le mariage pour tous (2013). Ce dernier a divisé en deux clans le FN : le premier (majoritaire) s'oppose avec vigueur à ce mariage, le second (minoritaire) refuse de se prononcer sur cette question. Depuis, les radicaux du FN - et le reste de l'extrême droite - dénoncent un dit « lobby gay » qui dirigerait désormais la formation lepéniste. En décembre 2014, Florian Philippot a été outé (révélation de son homosexualité cachée) par un magazine people. Ce qui permettra, dans les rangs frontistes et assimilés, une libéralisation de la parole contre les homos-nationalistes. Pour l'une des anciennes éminences grises frontistes, le parti lépeniste s'est transformé en « lupanar pédérastique » (Henry de Lesquen). Un cofondateur du FN affirmera tout de go pour sa part : « Pour un mec comme moi qui a fait l’Algérie, être représenté par un pédé gaulliste, c’est quand même un peu gros » (Roger Holeindre).



Couverture d'un journal belge néonazi, issu du groupe L'Assaut, qui pourrait se confondre avec une revue gay. Un pur hasard ? – Doc. du RIDAF.


« Culture homo-nazie » revendiquée

Malgré le tabou et les polémiques à propos de l'homo-nationalisme, un courant homosexuel revendiqué, mais agissant dans l'ombre, a toujours existé au sein de la droite pure et dure. Il remonte aux années vingt en Allemagne.

Profitant sans doute de la culture nudiste de la société germanique, les nationalistes d'orientation homosexuelle ont pu profiter d'une atmosphère ambiante permettant l'adoration d'une esthétique antique mettant en avant le « mâle dominant ». Les statues d'hommes virils – souvent entièrement nus - ornent alors sans complexe la propagande nazie. Les sections d'assaut (SA) du parti conduit par Adolf Hitler, le NSDAP, singularisent à merveille la « culture homo-nazie » de l'époque. Leur chef adulé, Ernst Röhm, l'était notoirement.

L'origine de cette tendance est l'« homosexualité de caserne » (il existe aussi une homosexualité d'église, de prison...). Plus tard, dans les années quatre-vingt, le courant homosexuel national-socialiste va se restructurer en Allemagne. Son leader, un militaire de carrière, Michael Kühnen, revendique officiellement les relations sexuelles entre hommes. Cependant, ils devaient se marier et avoir des enfants pour fonder une famille traditionnelle, le fer de lance de la Nation. Histoire surtout de faire perdurer la « race blanche » (aryenne). Ailleurs en Europe, et y compris en Belgique, Kühnen aura des partisans... et de jeunes amants, notamment au sein du Mouvement européen (ME), un réseau néonazi présent en RFA, en France, aux Pays-Bas et dans notre pays. En 1991, ce leader néonazi est mort du sida.



Homosexuels d'extrême droite célèbres


Ernst Röhm (déjà cité plus haut)
Ancien officier de l'armée allemande, chef des SA nazies. Il est assassiné en 1934 lors de la « Nuit des longs couteaux » (purge nazie pour éliminer la « tendance révolutionnaire » du NSDAP, le parti hitlérien, à la demande de l'armée et du patronat allemand).


Robert Brasillach
Ecrivain collaborationniste, fusillé à la Libération. Malgré son homosexualité, il restera adulé par l'ensemble de l'extrême droite française, suisse, espagnole et belge.




Abel Bonnard
Ecrivain maurrassien, puis ministre pétainiste sous l'occupation. Mort dans son exil espagnol en 1968. Il était connu sous les surnoms, découlant de ses orientations politique et sexuelle, de « la Belle Bonnard » et « Gestapette ». Son biographe, Olivier Mathieu, « compagnon de route » du Parti nationaliste français et européen (PNFE) était alors aussi lié, en Belgique, au groupe néonazi « L'Assaut », fondé et dirigé par un militaire de carrière, bonne connaissance de l'Allemand Michael Kühnen et son « Mouvement européen ». 


Michael Kühnen (déjà cité plus haut)
Comme d'autres « homo-fachos », il a été militaire de carrière (décidément). Il fut le plus important leader allemand de l'extrême droite radicale européenne, à travers le
« Mouvement européen » (ME), jusqu'à son décès du sida en 1991. Juste avant, il avait écrit le livre « National-socialisme et homosexualité », un véritable manifeste homo-nazi, traduit en français par un dénommé Michel Caignet.



Michel Caignet
Membre de la direction de la FANE (Fédération d'action nationale-européenne), un groupuscule se revendiquant ouvertement du nazisme, responsable français du ME, codirigé avec le précédent, puis fondateur du journal Gay France.


Jörg Haider
Leader de l'extrême droite autrichienne, d'abord du FPÖ, puis de sa dissidence, la BZÖ (Alliance pour l'avenir de l'A
utriche), dans les années nonante et deux milles.



Gerald Grosz
Successeur d'Haider à la tête du BZÖ, après son décès accidentel à la sortie d'un club gay de Vienne.


Pim Fortuyn
Leader de la droite populiste hollandaise, assassiné en 2002.


Jean- Claude Poulet-Dachary
Adjoint au maire Front national de Toulon, ex-séminariste lefèbvriste, ancien militaire (encore un), retrouvé assassiné en 1995.


Florian Philippot (déjà cité)
Enarque, éminence grise de Marine Le Pen et numéro deux de son parti.



Sébastien Chenu
Fondateur de Gaylib, le groupe homosexuel de l'ex-UMP sarkozyste, passé ensuite au FN de Marine Le Pen

D'autres « homo-fachos » ?
Ils en existent encore. Ils sont bien « actifs » dans l'extrême droite, y compris dans la droite radicale et identitaire belge, néerlandophone comme francophone (suite et pas fin donc).



> Le journal Même Pas Peur est vendu au prix de 3 dans plus de 951 librairies de Belgique.


L'article ci-dessus a été publié une première fois en page 18 du n°2, juillet-août 2015, du journal satirique et engagé belge Même Pas Peur. Avec son aimable autorisation, il est mis en ligne sur le blog du journal  RésistanceS.be  ce lundi 28 septembre 2015. Avec deux sous-titres, des illustrations et quelques informations complémentaires.


PLUS D'INFOS SUR L'EXTRÊME DROITE HOMOSEXUELLE ?

Le journal RésisanceS.be a déjà publié de nombreux articles sur ce thème des plus tabous pour les défenseurs de la Famille traditionnelle, considérée comme le « Fer de lance de la Nation ». Comme ceux-ci (liste non-exhaustive) :


© Même Pas Peur – 2015

jeudi 24 septembre 2015

La N-VA est-elle d'extrême droite ?

[RésistanceS.be – Jeudi 24 septembre 2015 - Modif. : 26 septembre 2015 > nouvelle illustration]

Ce jeudi, la couverture du quotidien La Libre Belgique pose la question suivante : « La N-VA est-elle d'extrême droite ? ». Pour parvenir à y répondre, le journal s'interroge aussi sur le caractère « populiste » et « xénophobe » de la Nieuw-vlaamse alliantie (en français : Alliance nouvelle-flamande).

Ligue national-flamande

La N-VA a été mise sur pied, en 2001, par l'aile droitière national-flamande conservatrice de feue la Volksunie (VU, Union populaire), le parti nationaliste qui avait été fondé dix ans après la seconde guerre mondiale, notamment par des anciens collaborateurs de la Vlaams nationaal verbond (VNV, Ligue national-flamande), formation d'extrême droite nazifiée sous l'influence de l'Allemagne hitlérienne. Au sein de la N-VA, l'identification au VNV relève, pour plusieurs de ses caciques, de la nostalgie ou/et de la référence idéologique.

L'homme d'orchestre de la N-VA reste le tonitruant bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever. Son « entreprise politique » (le terme est souvent utilisé par le principal intéressé) constitue le pivot central de l'actuel gouvernement fédéral, conduit par le libéral wallon Charles Michel (MR).

« Droitisation extrême des esprits »


Pour trouver la réponse à la question essentielle à la « une » de La Libre Belgique, au vue des déclarations chocs (de Bart De Wever tout d'abord), des propositions ultra-sécuritaires de ses représentants et des révélations sur les liens politiques nauséabonds avec l'extrême droite de certaines personnalités de la N-VA (Théo Francken, Jan Jambon...), le journal quotidien a donné la parole à trois « experts » : les politologues Pascal Delwit de l'Université libre de Bruxelles (ULB), Dave Sinardet de la Vrije universiteit Brussel (VUB) et Manuel Abramowicz, auteur de livres, de plusieurs études sur l'extrême droite et rédacteur en chef de notre journal.





Pour les réponses qu'ils donnent à la question de savoir si la N-VA est bel et bien (devenu) un parti d'extrême droite, mais aussi pour lutter contre la « droitisation extrême des esprits » en Flandre (mais également partout ailleurs dans le pays et dans le reste de l'Europe), pour soutenir un journal papier courageux, la presse écrite dans son ensemble et les libraires qui la vendent, achetez aujourd'hui La Libre Belgique chez l'un de ces derniers.

La lutte contre l'extrême droite commence par l'information sur ses dangers.



SIMON HARYS
Journaliste à RésistanceS.be



SUR CE SUJET LIRE AUSSI

Un article du journal RésistanceS.be publié le 11 juin 2011












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jeudi 10 septembre 2015

Les réfugiés ont aussi été belges !

[RésistanceS.be > Jeudi 10 septembre 2015 - Modif. : 17 septembre 2015]








En mai 1940, en quelque jours, 800 000 réfugiés belges partaient sur la route de l'exil vers la France. En 1914, la fuite à l'étranger a concerné plus d'un million et demi de Belges. Il faut s'en rappeler. Et être solidaire aujourd'hui des exilés sur notre sol

> OPINION de Manuel Abramowicz publiée dans le quotidien La Libre Belgique du 9 septembre 2015. 



A l’heure actuelle, la question migratoire et asilaire fait massivement la « une » de l’actualité, avec des drames horribles qui se déroulent au quotidien. Le dernier en date « s’illustre » bien évidemment par la photo - qui est déjà devenue historique désormais - du corps sans vie d’Aylan Kurdi, enfant réfugié syrien de trois ans, retrouvé seul sur une plage de la côte turque, bien connue de millions de touristes européens.

Cette actualité se rythme encore par des surenchères politiciennes contre-productives, par la lâcheté de gouvernements occidentaux et proche-orientaux refusant d’accueillir des exilés sur leur sol, par le réflexe pavlovien de la « forteresse assiégée » de la part d’Etats-membres de l’Union européenne, par la coresponsabilité directe de nos gouvernements dans les raisons de l’exil de ces milliers de réfugiés, par le toupet scandaleux d’un intellectuel français ayant ordonné à son président de l’époque des bombardements pour des « raisons humanitaires », par la xénophobie ambiante endogène aux crises économiques et par l’exploitation nauséabonde de l’« épouvantail de l’invasion ». Ce dernier est agité avec force par les adeptes fanatiques de l’« Ordre » et de la « Sécurité ». Qu’ils soient naturellement d’extrême droite ou provenant des rangs de partis traditionnels, labellisés « démocrates », ils agissent dans l’objectif de « lepéniser » ou de « vlaamsbelanguiser » leur lexique idéologique, pour séduire et attirer les électeurs du Front national et du Vlaams Belang.

En cette période extrêmement douloureuse, face aux images qui nous sont renvoyées tous les jours par les médias d’information et pour contrecarrer les réactions égoïstes qu’elles provoquent chez ceux qui sont totalement étrangers à la compassion, à la solidarité, à la fraternité et à l’humanité, il est bon de rappeler notre propre histoire nationale. Dont des périodes cruciales ne sont, hélas, que trop peu, voire même pas du tout, enseignées dans les écoles.


Réfugiés belges…

Il y a quelques jours, j’ai acheté dans une bonne librairie bruxelloise la publication « Cureghem - Résistance et Déportation ». Elle a été éditée en septembre 2014 par diverses associations sociales et culturelles anderlechtoises (1). Elle aborde notamment l’histoire de la population juive immigrée, réfugiée politique et ouvrière vivant, bien avant la Seconde Guerre mondiale, dans ce quartier populaire de la commune bruxelloise d’Anderlecht, situé entre la gare du Midi et le canal de Bruxelles. La couverture de cette publication reprend une peinture de l’artiste anderlechtois Maurice De Winter.

A son sujet, il est écrit : « La toile représente le retour en 1941 (après l’invasion de la Belgique par l’Allemagne) de personnes qui avaient fui vers la France. Ils remontent la rue de Fiennes, en route vers l’Institut Notre-Dame où les réfugiés qui rentraient étaient accueillis. »

D’après le livre « La vie quotidienne des Belges sous l’occupation »(2), l’invasion de notre pays par le Reich hitlérien, le 10 mai 1940, et les 18 jours de combat qui suivirent, ont causé la destruction de plus de 10 000 immeubles, endommagé partiellement plus de 33 000 constructions, blessé 12 433 civils ou soldats, tué 5 367 militaires et plus de 12 000 civils. Ensuite, la défaite belge poussa - en quelques jours seulement - quelque 800 000 réfugiés sur la route de l’exil. Pour les auteurs de ce livre : « Le chiffre total d’un million et demi de réfugiés belges en France doit approcher de la réalité. »



© Blaise Dehon - La Libre Belgique
… des profiteurs !

Concernant leur accueil, ce livre sur l’occupation allemande dévoile que « vis-à-vis d’eux, le comportement des Français fut assez fluctuant. La sympathie condescendante traditionnelle envers les francophones fut plus modérée envers les Flamands supposés parler un patois allemand ». La capitulation de la Belgique et sa soumission à l’occupant « déclenchèrent des réactions incontrôlables et incontrôlées envers les réfugiés belges ». On y apprend ainsi que « certains Français dépourvus de tout esprit de fraternité croyaient devoir exercer contre les Belges des représailles ». Fuyant jusque dans l’ouest de la France, à Bordeaux, les autorités locales avaient émis une interdiction à nos réfugiés de s’y installer. Et ce, malgré le fait que leur « situation était catastrophique ». Plusieurs migrants belges y furent même assassinés par « des soldats français en déroute », les prenant pour des « agents de la Cinquième colonne » allemande s’infiltrant en France, comme avant-garde en vue de son invasion à venir. Aujourd’hui encore, la thèse conspirationniste d’une infiltration massive d’islamistes parmi les réfugiés est développée par les professionnels d’extrême droite - et pas que - de l’intoxication raciste.

Avant « l’An 40 », la France avait déjà ouvert ses frontières aux Belges, dès le début de la Première Guerre mondiale. En 1914, la fuite à l’étranger a concerné un Belge sur cinq, soit plus d’un million et demi de personnes. « L’entrée des troupes allemandes en Belgique en août 1914 provoque l’exode de centaines de milliers de Belges. Accueillis en France, ils sont reçus en héros, avant d’être taxés de profiteurs », mentionne un article publié sur le site de France 24 (3). Avec la précision suivante : « Au fur et à mesure des mois, le regard sur ces exilés change. En ces temps difficiles, certains Français se montrent de plus en plus hostiles. Ils les accusent de n’être que des profiteurs. ''Les réfugiés reçoivent des aides de l’Etat français, ce qui correspond à ce que reçoit la femme d’un poilu combattant. Avec le temps, on trouve que cela est une charge pour le pays'' , explique Jean-Pierre Popelier, auteur d’un livre sur ce mouvement massif de population intitulé "Le premier exode" (4). Les réfugiés ont également du mal à s’intégrer et à trouver du travail. »


Solidaire aujourd’hui

Dans notre histoire récente, au vingtième siècle, les réfugiés ont donc aussi été des Belges. Ciblés par les stéréotypes et les préjugés racistes alimentés par les nationalistes populistes, nos compatriotes d’antan furent concentrés aussi dans des camps pour migrants, avec d’autres exilés européens : Luxembourgeois, Hollandais, Allemands et Italiens (antifascistes), ainsi que des républicains espagnols (antifranquistes). Ils fuyaient tous la guerre pour éviter d’être affamés, persécutés, arrêtés, torturés, déportés, tués… comme aujourd’hui les Syriens et bien d’autres victimes de conflits armés de par le monde. Comme la famille du petit Aylan Kurdi.

Il faut s’en rappeler. Et être solidaire, pas seulement en pensée, avec les réfugiés et les migrants d’aujourd’hui. C’est un devoir politique, citoyen aussi.

MANUEL ABRAMOWICZ
Petit-fils de réfugiés, fils d'un réfugié, époux d'une réfugiée, enseignant en Haute-Ecole et rédacteur en chef du journal en ligne RésistanceS.be



Notes :
(1) « Cureghem - Partie 3 - Résistance et Déportation », édité par l’ADIF - Infor-Femmes, le Beeldenstorm, Het Zuiden in Zicht, Intal-ICS Heist-op-den-Berg, Oxfam-Wereldwinkel Hulshout, le MAKS - Media actie Kuregem-Stad, le Musée de la résistance de Belgique (sis à Anderlecht), le Syndicat des locataires et Tochten van Hoop Brussel, septembre 2014, Anderlecht, 87 pages, 13,95 €.
(2) Jacques de Launay et Jacques Offergeld, « La vie quotidienne des Belges sous l’occupation - 1940 1945 », éditions Paul Legrain, Bruxelles, 1082, p. 25 à 27 et 33 à 34.
(3) Stéphanie Trouillard, « Grande Guerre : l’exode oublié des Belges en France », article publié sur le site de France 24, le 30 décembre 2014 (en ligne : www.france24.com/fr/20140827-premiere-guerre-mondiale-exode-oublie-refugies-belges-france-popelier-sainte-adresse).
(4) Jean-Pierre Popelier, « La Grande guerre des réfugiés belges en France », éditions Vendemiaire, Paris, 2014, 260 pages.


© Manuel Abramowicz - texte publié dans le quotidien La Libre Belgique du 9 septembre 2015, p. 22 et 23. Supplément spécial « L'accueil un devoir historique ». 

mercredi 9 septembre 2015

NATION, les réfugiés sont des «rats»


[RésistanceS.be – Mardi 8 septembre 2015 - Modification : 10 septembre 2015]



Sur le mur Facebook d'un dénommé Eddy De Smedt, une de ses « amies », Nadia O., a écrit que selon elle, les réfugiés, dont des milliers meurent en mer, comme le petit Alyan Kurdi (3 ans), ou dans des camions frigorifiques de trafiquants d'êtres humains, sont des ... « rats » (sic).

Le vocabulaire du racisme nazi serait-il de retour ?

L'Eddy en question est l'actuel toujours « président » bruxellois de NATION, un mouvement d'extrême droite tendance « national-solidariste ». Auparavant, le même individu avait présidé les destinées de la section bruxelloise du Front national belge, dit « rénové ». Jusqu'à sa dissolution judiciaire suite à des plaintes contre ce FN déposées par Marine Le Pen, pour notamment ses collusions avec une « mouvance néonazie ».

Posté il y a maintenant quatre jours, à la date d'aujourd'hui, ce commentaire nauséabond était toujours maintenu sur le mur du boss de Nation dans la capitale.


S.H


Réactualisation
Le journal antifasciste RésistanceS.be semble avoir un certain pouvoir d'influence sur le mouvement NATION. Ce jeudi 10 septembre 2015, nous avons pu constater qu'Eddy De Smedt avait supprimé le commentaire nazi-raciste de Nadia O. qui se trouvait sur son mur.

Le négationnisme est une fois encore utilisé par l'extrême droite. Mais les Archives antifascistes pourront toujours rappeler sa vraie nature ! 









© Article du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Mardi 8 septembre 2015 |

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Echo sur RésistanceS.be dans «Journalistes», le mensuel de l'AJP

[RésistanceS.be – Lundi 7 septembre 2015]






Corrections et rectificatifs à cette brève de l'AJP

Dans cette très courte brève (16 lignes), ci-dessus, de Journalistes, le mensuel de l'Association des journalistes professionnels de Belgique francophone (AJP), signée par M.S. (Martine Simonis, sa secrétaire-générale), trois erreurs et une omission ont été descellées :

  1. Il ne s'agit pas de la cour d'appel de Liège, mais de Bruxelles.


  2. L'arrêt n'a pas été rendu le 29 juin, mais le 23 juin.


  3. RésistanceS.be n'est pas un « site » (internet), il s'agit d'un journal en ligne, comme le précisent régulièrement les médias d'informations belges ou étrangers, et le stipulent clairement ses statuts légaux de fondation publiés au Moniteur Belge.


  4. L'action judiciaire de l'avocat M.L. n'a pas été intenté contre RésistanceS.be, mais contre Manuel Abramowicz en personne, l'auteur de l'article en question et son rédacteur en chef. Il y a tout juste quelques jours seulement, il était encore présenté comme un « journaliste d'investigation » par le quotidien La Libre Belgique (voir ici).

Enfin, avec ce bref écho, nous pouvons constater le traitement inégalitaire de l'information réservée par le journal de l'AJP à l'égard de RésistanceS.be. Lors du procès intenté contre deux de ses journalistes (Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau), en 2014, par Georges-Pierre Tonnelier, l'un des anciens dirigeants du Front national belge (voir ici), Journalistes a été beaucoup plus prolixe pour les critiquer  que quand ceux-ci gagnent totalement un procès. Dans le premier cas, Journalistes avait consacré une couverture et au total trois pages rédactionnelles. Dans le second cas : une brève de 16 lignes seulement !

Depuis son lancement, il y a plus de 18 ans, six procès sur sept intentés ont été gagnés par le journal RésistanceS.be. Concernant les plaintes déposées contre lui devant la Commission pour la protection de la vie privée ou devant le Conseil de déontologie journalistique (CDJ), toutes ont été gagnées par le journal d'investigation. En 2014, par exemple, une plainte avait été déposée contre Julien Maquestiau par Pascal Lorent, rédacteur au quotidien Le Soir. Et membre de l'AJP. Le CDJ rendra un avis favorable à Julien Maquestiau, en estimant la plainte de Lorent non-fondée. CQFD.


Pour RésistanceS.be, comme pour le reste de la presse, le journalisme est un engagement à risque. Il a été pris en 1997. Aujourd'hui, il se poursuivra encore plus que jamais.


S.H

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