dimanche 25 octobre 2015

Procès de la scientologie, le journal RésistanceS.be avait déjà révélé ses liens avec l'extrême droite belge


[RésistanceS.be – Dimanche 25 octobre 2015 - Rajout d'une illustration (RésistanceS.be in RTBF) : Mardi 3 novembre 2015]



CHRONIQUE JUDICIAIRE - Considérée comme une secte en Belgique, le procès de la Scientologie s'ouvre ce lundi à Bruxelles. Le dossier à charge est lourd. Cette affaire judiciaire pourrait donner un coup d'arrêt au développement de cette autoproclamée « église » dans la capitale de l'Union européenne. Le journal RésistanceS.be avait révélé les liens des scientologues avec l'extrême droite belge. Des tentatives de pression furent alors exercées sur notre journal.


Ce lundi matin, devant la 69e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, s'ouvre le procès contre l'auto-proclamée « Eglise de Scientologie », fondée en 1954, aux Etats-Unis par feu l’écrivain de science-fiction Ron Hubbard, et reconnu comme étant une secte par le Parlement fédéral belge. Après une instruction de près de vingt ans, ce sont une dizaine de responsables de celle-ci en Belgique qui y comparaitront.

Les multiples motifs d'inculpation sont graves : fraude, pratique illégale de la médecine, violation de la vie privée et extorsion. Pour le parquet fédéral, ces scientologues sont encore accusés d'être à la base de la constitution d'une « organisation criminelle ». Rien de moins. Vu l'épaisseur du dossier d'instruction à sa charge, quatre audiences par semaine sont prévues pour le procès qui lui est intenté à Bruxelles. Il devrait se dérouler jusqu'au 27 novembre.

Ce rendez-vous judiciaire est historique. Il relève d'une étape des plus importantes dans le combat contre les groupes sectaires. Ces groupes s'adonnent dans la plupart des cas à la manipulation d'individus fragiles, à de la torture psychologique sur leurs adeptes, à la destruction de leurs liens familiaux, au détournement d'argent, à l'infiltration du monde des affaires et d'institutions publiques, à des pressions sur la classe politique, la magistrature et des journalistes... La scientologie est l'une des sectes les plus fortes dans le domaine.


> En 2003, RésistanceS.be avait révélé l'implantation de la scientologie au coeur du quartier européen.
Ce scoop sera repris par l'ensemble des médias - Image : RTBF


Persécution religieuse !

Adepte des thèses conspirationnistes, qu'elle utilise comme manoeuvre de défense en faisant de la diversion, la secte américaine, via Éric Roux, son porte-parole du moment en Belgique, estime qu'« il y a clairement au travers de ce procès une volonté de détruire la croyance des scientologues. ». Pour lui, la « liberté de culte » de la scientologie est manifestement ciblée par la justice belge qui agirait comme au temps de l'Inquisition catholique.

Cet Éric Roux n'est pas n'importe qui au sein de la haute direction internationale de la secte. Scientologue depuis plus de vingt ans, avant son arrivée en Belgique, il s'est occupé des « relations publiques » de la Scientologie en France. Roux était alors officiellement
le président de l'Union des Eglises de Scientologie de France, soit son chef suprême. Il est apparu, au grand-jour, en 2012 lors du procès de deux structures scientologues devant la cour d'Appel de Paris. Deux de ses dirigeants y seront lourdement condamnés, pour « escroquerie en bande organisée ». Eric Roux a été détaché en Belgique, voici un certain temps, pour renforcer la scientologie dans notre pays, mais certainement aussi en vue de la préparer au procès qui s'ouvre demain à Bruxelles contre elle.


© Photo RésistanceS.be
« Police politique »

L'arrivée de Roux en Belgique est une des preuves que le sommet de la secte, situé à Los Angeles, considère ce procès bruxellois comme un véritable danger pour son existence dans la capitale des institutions européennes et d'organisations internationales, comme l'OTAN. En effet, ces dernières intéressent fortement les plans de conquête de la secte.

Comme l'a relevé, il y a quelques jours, le magazine d'investigation « Devoir d'enquête » de la RTBF (télévision publique belge francophone), le même Eric Roux est aussi membre de l'Office of Special Affairs (OSA). L'OSA est à la fois le service de renseignements et la « police politique » des scientologues. Ce bureau des « affaires spéciales » se charge de la traque des dissidents de la secte et de ses ennemis extérieurs : associations anti-sectes, journalistes, magistrats...

Pour mieux agir au grand jour, ladite « église » utilise abusivement un oripeau mettant en avant la défense des droits de l'Homme. La manoeuvre est subtile. En été 2003, RésistanceS.be révélait l'implantation, dans ce but, de la secte américaine au coeur du quartier européen de Bruxelles, après l'achat d'un coûteux bâtiment rue de la loi (voir notre enquête exclusive La scientologie au pied du QG européen). D'autres révélations sur la scientologie seront ensuite encore publiées par le journal RésistanceS.be.



Liens avec l'extrême droite


Les liens entre la secte et des dirigeants de l'extrême droite belge, tant flamande que bruxelloise francophone, furent également dévoilés par RésistanceS.be, suite à des enquêtes d'investigation journalistique. L'ancien chef bruxellois du Vlaams Belang (VB) John Demol et Hugo Coveliers
(photo ci-dessous), alors sénateur du même parti, ont personnellement apporté un appui au développement de la scientologie dans notre pays. Tout comme l'avait déjà fait auparavant Marguerite Bastien, présidente-fondatrice et députée fédérale du Front nouveau de Belgique (FNB), la plus importante scission du Front national belge (lire l'enquête de RésistanceS.be Les liens de la Scientologie avec l'extrême droite).




Hugo Coveliers à la tribune
bruxelloise de la scientologie.
Un dirigeant confidentiel du FNB, Claude N. (décédé le 26 juillet 2010), avait lui aussi établi des contacts avec le « milieu scientologue » belge. Ce Claude N. était alors toujours le responsable d'un réseau secret d'extrême droite, actif depuis les années 1960, qui regroupait, notamment, d'anciens combattants nazis, des néonazis et des intégristes chrétiens. Le même individu était par ailleurs soupçonné d'appartenance au réseau clandestin « Gladio », mis en place par l'OTAN. Dans ce cadre, Claude N. aurait appartenu à la direction du WNP, organisation d'extrême droite citée dans les dossiers chauds qui ont émaillé les « années de plomb » belges.


Pression sur RésistanceS.be

Suite aux diverses révélations de RésistanceS.be sur l'implantation et le développement de la scientologie en Belgique, un de ses dirigeants d'origine hollandaise (et installé depuis en Suède), Ad. V., dans les années 2000, a contacté la rédaction de RésistanceS.be. Officiellement pour proposer une rencontre afin de « mieux faire connaissance » et nous convaincre du bien fondé de son église.

A plusieurs reprises, deux membres du comité de rédaction de RésistanceS.be ont rencontré, dans une brasserie de la Porte de Namur, Ad V., d'abord seul, puis accompagné par la cheffe belge de l'époque de la scientologie. A son invitation, une visite de son musée privé, dans ses luxueux bâtiments de la rue de la loi, avec pour guide un des responsables français de la secte, a également été faite.

Très vite, nous nous sommes rendus compte que cette démarche de séduction à notre égard comportait une véritable tentative d'intimidation et de manipulation. Rompus à ce type de pratique, elle n'a dès lors fait aucun effet sur notre rédaction. Nos contacts avec l'organisation scientologue se sont ensuite arrêtés là. Mais pas nos articles sur elle.

SIMON HARYS
Membre de la rédaction de
RésistanceS.be






PLUS D'INFOS ?



Pour consulter les articles et
enquêtes exclusives du
journal d'investigation
RésistanceS.be sur les activités
de la scientologie en Belgique





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Pour camoufler ses incompétences, Marine Le Pen refuse le débat


[RésistanceS.be – Jeudi 22 octobre 2015]


Fachos oh oh oh ... menteurs ! Trois heures avant sa diffusion en direct, la présidente du Front national a annulé sa cinquième présence - ce jeudi soir - à « Des paroles et des actes » sur France 2. Stratégie bien huilée ou aveu de faiblesse ? RésistanceS.be vous propose cinq évidences pour conclure cette séquence importante de l'hyper-médiatisation dont profite – depuis les années 1990 - le FN.


Marine Le Pen est déjà passée quatre fois à l'émission politique phare de la chaine
publique France 2. Une médiatisation à outrance selon ses détracteurs.


La présence annoncée pour ce jeudi 22 octobre, depuis plusieurs semaines, de Marine Le Pen, la présidente du parti d'extrême droite français Front national (FN), à l'émission de débat politique « Des paroles et des actes » (DPDA) était au coeur d'une vive polémique. Au début de ce mois, un article de l'hebdomadaire L'Obs (anciennement Le Nouvel Observateur) avait dévoilé les coulisses de l'organisation de l'émission en question. En y révélant, notamment, les exigences et les interdits imposés par la patronne du FN à France 2 comme conditions préalables à sa participation à cette émission (*). Dans ce domaine, Marine Le Pen est en position de force : elle est une « bonne cliente » de la télé puisqu'elle assure un taux d'audience élevé à celle qui l'invite.

Sous ses conditions, cette star de l'audimat pouvait s'assurer un scénario d'émission en sa faveur. DPDA avait été calibrée comme son parti le désirait. Quasi selon ses volontés. Permettant à la présidente de la formation d'extrême droite une tribune médiatique sans réelle opposition à ses actes et ses paroles (ce que réfutera David Pujadas, le journaliste vedette du rendez-vous politique périodique de France 2, dans un droit de réponse envoyé à L'Obs). Cela était sans compter sur une plainte déposée in extremis par le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le CSA donna raison aux deux plaignants et imposa à France 2 un débat contradictoire sur les élections régionales à venir, entre Marine Le Pen et ses deux principaux concurrents (du PS et du parti LR) dans le Nord-Pas-de-Calais où – parachutée depuis Paris - elle conduit la liste frontiste pour ce scrutin. Considéré comme l'antichambre de la prochaine élection présidentielle.


Les vraies raisons de ce refus

C'est pour ce motif que la patronne du FN a pris la décision, trois heures avant la diffusion en direct de l'émission DPDA, de ne plus y participer. En dénonçant bien entendu une mascarade fomentée par « l'UMPS » contre elle et son parti. Avec cette annulation, cinq évidences peuvent être dévoilées :

  • Première évidence

    Marine Le Pen refuse la confrontation directe.

  • Deuxième évidence
    
Ce refus démontrerait son incapacité d'apporter la controverse par manque de connaissance des réalités de la région où elle s'est parachutée par calcul politique dans l'objectif de se créer un bastion électoral en vue de la présidentielle de 2017.

  • Troisième évidence

    Ses incompétences révélées sur un plateau de télévision démontreraient à l'opinion publique que l'extrême droite – dont elle est actuellement l'illustre représentante – avance toujours masquée. Pour y parvenir, dans une manoeuvre de diversion, elle utilise abondamment le mensonge et l'intoxication. Les partis politiques d'ultra droite sont des pervers narcissiques qui font de la « manipulation des foules » leur principal moyen pour gagner aux élections (comme l'avait déjà analysé en 1933 avec détails le psychiatre autrichien Wilhelm Reich dans son ouvrage de référence « La psychologie de masse du fascisme »).

  • Quatrième évidence

    L'extrême droite n'a aucune solution aux problèmes du peuple.

  • Cinquième évidence

    L'extrême droite est donc une arnaque politique !

Le passage en revue de ces cinq évidences démontre que le refus de Marine Le Pen de se présenter sur le plateau de l'émission DPDA est donc une bonne nouvelle pour celles et ceux qui luttent au quotidien contre l'extrême droite.

Cette désertion devrait être exploitée, sur le terrain, pour expliquer aux électeurs des FN et autres Vlaams Belang leurs incompétences endogènes. Le nationalisme de l'ultra droite n'est pas une solution. Il est un problème supplémentaire pour les victimes des crises qui traversent nos sociétés.


MANUEL ABRAMOWICZ
avec SIMON HARYS
Membres de la rédaction de RésistanceS.be




(*) « ''Des paroles et des actes'' : quand Marine Le Pen impose ses conditions », article de Sylvain Courage, publié dans la version papier et numérique de l'hebdomadaire français L'Obs, 7 octobre 2015.

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BHL se rassemble avec l'extrême droite sioniste


[RésistanceS.be – Lundi 19 octobre 2015]

CONVERGENCE ET MÊME COMBAT ? - Dans des manifestations propalestiniennes, il arrive que des slogans antisémites se font entendre. Lors de rassemblements de soutien à l'Etat d'Israël, l'extrême droite juive sioniste – connue pour ses discours racistes anti-arabes et anti-musulmans- y est aussi présente. Comme ce dimanche à Paris. Avec notamment comme orateur le philosophe français Bernard-Henri Lévy.


> Bernard-Henri Levy, hier soir à Paris, à la tribune du rassemblement pro-israélien.


Ce dimanche dans la soirée, à Paris, un « rassemblement de soutien aux Israéliens victimes du terrorisme » s'est tenu à l'appel l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), avec l'appui du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Son objectif était de dénoncer les crimes commis, au couteau, actuellement par de jeunes palestiniens, en Israël et dans la partie de la Cisjordanie toujours sous occupation israélienne.

A la tribune, l'un des orateurs de cette mobilisation était Bernard-Henri Lévy (BHL). Dans son discours, le philosophe français a dénoncé un véritable complot d'extrémistes visant à détruire l'Etat israélien.

Extrême droite terroriste sioniste

Devant BHL, dans le public, outre les drapeaux de l'UEJF, se trouvaient ceux de la Ligue de défense juive (LDJ). Ce groupuscule d'extrême droite et raciste sioniste est bien connu, depuis sa création en 1968 par Meir Kahane, un rabbin intégriste américain, pour ses actions violentes contre les « ennemis d'Israël ». Dans la ligne de mire de la LDJ se trouve également des mouvements juifs - sionistes et non-sionistes - partisans d'une solution pacifique du conflit israélo-palestinien.

Depuis 2001, le gouvernement des États-Unis a classé la LDJ comme étant une organisation terroriste, suite à la préparation d'une double attaque contre une mosquée et un membre du Congrès. En Israël même, son bras politique a été interdit.


Un problème pour BHL ?


A Paris, ce dimanche soir, les militants français de la LDJ ont acclamé la prise de parole de BHL. Habitué de jeter l'anathème sur ses adversaires, en les accusant de « faire le jeu du Front national » ou d'être suspectés d'un antisémitisme refoulé, tenir un discours pro-israélien devant des nervis de l'extrême droite sioniste ne semble pas poser un problème quelconque à cet intellectuel de premier plan.

Il n'existe aucun soucis existentiel pour ce philosophe, qui était déjà passé depuis belle lurette du « col Mao au Rotary ». BHL-LDJ : même combat ? Dans la défense de l'Etat hébreu, il semble que oui !

Bien entendu, Bernard-Henri Lévy et les organisateurs du rassemblement (l'UEJF et le CRIF) pourront rétorquer que les activistes de la Ligue de défense juive avaient infiltré celui-ci indépendamment de leur volonté. L'argument est trop facile : BHL et la plupart des organisations sionistes sont les premiers a dénoncer la présence d'antisémites dans les manifestations propalestiennes. Et d'affirmer alors tout de go : antisionistes-antisémites : même combat !


MANUEL ABRAMOWICZ
Membre de la rédaction de RésistanceS.be







> Drapeau de la Ligue de défense juive à Paris ce 18 octobre, devant BHL.




> Images : extraites d'une vidéo diffusée sur Internet du rassemblement de l'UEJF à Paris, ce 18 octobre 2015.




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vendredi 16 octobre 2015

Tueries du Brabant : aux oubliettes de l'Histoire criminelle belge ?


[RésistanceS.be – Vendredi 16 octobre 2015]


Emission « C'est vous qui le dites ! » de Benjamin Maréchal,

sur les ondes de Vivacité et les antennes de La Une (RTBF) de ce 16 octobre.


Les faits des « tueries du Brabant », des massacres de masse commis dans des grandes surfaces en Belgique de 1983 à 1985, vont être prescris en novembre prochain. Faut-il permettre, via le parlement, une modification législative pour permettre que l'enquête se poursuive sur cette plus grande énigme criminelle de notre pays ?


Tel était le « débat 2 » de l'émission radio et télé de VivaCité (RTBF, diffusée en direct sur la Une) « C'est vous qui le dites !», animée par Benjamin Maréchal, ce vendredi 16 octobre 2015.


De gauche à droite : Gilles Decoster, journaliste à la télévision flamande Vier,
Benjamin Maréchal (RTBF) et Manuel Abramowicz (RésistanceS.be).


Depuis septembre 2013, Manuel Abramowicz, au nom du journal d'investigation RésistanceS.be, est l'un des « débatteurs » de cette émission, la plus populaire des radios francophones !

SIMON HARYS
Membre du comité de rédaction de
RésistanceS.be








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Procès des « six de NATION » : audience du 14 octobre


[RésistanceS.be – Mercredi 14 octobre 2015 – Réactualisation : 16 octobre 2015]


CHRONIQUE JUDICIAIRE - Ce mercredi matin, une nouvelle audience du procès d'un dirigeant de NATION et de cinq de ses activistes s'est déroulée devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ils y sont poursuivis suite au lynchage d'un SDF polonais et de coups portés contre deux policiers belges. En présence de nombreuses forces de l'ordre et de militants antifascistes, l'audience fut de courte durée et remise au mois de décembre. Plusieurs enseignements peuvent néanmoins déjà être tirés - RECIT ET PHOTOS EXCLUSIFS DE RESISTANCES.BE.


Faisant suite à celle du mardi premier septembre dernier (voir notre article Le procès des « six de NATION » s'est ouvert ce mardi), elle devait débuter exactement à 8 h 45. Pour finir, l'audience de ce mercredi 14 octobre du procès de Pascal Cornet (47 ans), un des dirigeants de NATION, de Lucas H. (20 ans), Jonathan D. (32 ans), Gregory B. (24 ans), Geoffrey B. (25 ans) et Andy VDH. (28 ans), cinq militants ou sympathisants de ce mouvement d'extrême droite belgicain francophone de tendance « national-solidariste », n'a commencé qu'une heure plus tard.

La cause de ce retard : l'évacuation pour des raisons de sécurité de la salle d'audience, alors déjà occupée par une dizaine de militants antifascistes, ainsi que par des journalistes de Télé Bruxelles, de la RTBF radio et du journal d'investigation RésistanceS.be, arrivés sur place bien avant les inculpés de NATION.



Six lâches contre un SDF antifasciste !

Pour rappel, le « procès des six de NATION » est celui de la ratonnade d'un SDF polonais, commise le lundi premier juin dernier devant le Parlement européen de Bruxelles. Ce lynchage s'est déroulé après une contre-manifestation avortée du défilé hebdomadaire de collectifs de soutien aux sans-papiers. Contre-manif organisée par NATION et les Vlaanderen Identitair (VLI), un nouveau groupuscule nationaliste dirigé par un ex-cadre du Vlaams Belang. Attablés à une terrasse d'un café de la place du Luxembourg, des militants de NATION se heurtèrent à ce SDF qui avait exprimé à sa manière son antifascisme.

Les gros-bras de NATION aux allures NS (nazi-skinheads) décidèrent alors, comme l'atteste une vidéo amateur filmée par un témoin de la scène, de régler à leur façon l'incident. A plusieurs, tels des fauves sauvages, ils se jetèrent sur l'homme seul pour le mettre à terre et le lyncher royalement à coup de poings et de bottines militaires. Aucunement héroïque, cet acte ultra violent immonde s'est déroulé dans la plus pure tradition des hordes nazies de jadis. L'uniforme des SA en moins ! La lâcheté est une des caractéristiques des bandes urbaines d'extrême droite responsables, ici, de faits de délinquance. Prenant la fuite rapidement une fois leur forfait commis, en espérant ne pas être inquiétés, ils furent cependant suivis par deux militaires, présents en faction devant l'europarlement dans le cadre des mesures de sécurité antiterroristes actuelles. Ces soldats de l'Armée belge ont pu ainsi appeler une patrouille de police en renfort. Celle-ci opéra immédiatement l'arrestation de Pascal Cornet, Lucas H., Jonathan D., Gregory B., Geoffrey B. et Andy VDH.



Policiers victimes de NATION !

N'étant pas des enfants de cœur (certains ont des casiers judiciaires, comme l'avouera lui-même ensuite dans la presse le secrétaire général de NATION), la neutralisation de ces individus a été difficile. Au cours de leur arrestation, deux jeunes policiers furent ainsi blessés suite aux coups portés par certains des interpellés.

Suite à ces faits extrêmement violents et qui seront médiatisés par les journaux télévisés de la RTBF, de RTL-TVI...) et par la majorité des quotidiens d'information (La Capitale, La Dernière Heure, Le Soir, La Libre Belgique...), le Centre interfédéral pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, l'organisme public en charge notamment de l'application des lois antiracistes, antinégationnistes et antidiscriminatoires, se constitua partie civile contre les « six de NATION ». Tout comme la principale victime, le SDF polonais, les deux policiers blessés et la zone de police d'Ixelles où la ratonnade fut commise et l'arrestation des suspects réalisée.

L'équipe de Télé Bruxelles était présente au procès (à gauche), tout comme le
SDF polonais victime de la ratonnade (à droite) © Photo RésistanceS.be / B. Labeur






C










Compte-rendu d'audience

Retour au Palais de Justice. Ce 14 octobre, après l'évacuation de la salle d'audience, un cordon de sécurité fut établi devant celle-ci. Présents en grand nombre, des policiers en uniforme et en civil contrôlèrent ensuite les identités, puis fouillèrent les inculpés et le public venu assister à leur procès. Parmi lui, des parents et compagnes des militants de NATION, ainsi qu'Eddy De Smedt, son secrétaire général et chef de sa section bruxelloise d'Evere, dont plusieurs des inculpés sont membres. Avec lui, seuls deux autres activistes de NATION s'étaient déplacés pour venir soutenir leurs « camarades » poursuivis devant le tribunal correctionnel. Une fois le contrôle de sécurité terminé, le procès pouvait enfin débuter.

Le juge s'adressa, comme l'usage le veut, aux avocats de la défense. Celui de Lucas H. ouvrit le bal pour demander, tout de go, que l'audience d'aujourd'hui soit remise à une date ultérieure. Le motif ? Il n'avait pas reçu les conclusions de l'une des parties civiles (la zone de police d'Ixelles) ce qui l'empêcha de pouvoir calibrer sa plaidoirie prévue au programme de l'audience du jour. Montrant qu'il connaissait parfaitement bien le dossier judiciaire, en étant capable de citer de mémoire des extraits de celui-ci, le juge du tribunal rétorqua que l'interrogatoire par la police de Lucas H. après son arrestation démontrait que le motif de la demande de report de son avocat n'était pas des plus pertinentes. Mais bon, puisque les autres avocats des inculpés de la ratonnade de juin dernier le demandèrent également, la décision fut prise de remettre l'audience aux lundi 14 et mardi 15 décembre prochains. Ce qui permettra de développer aisément l'instruction d'audience et les plaidoiries des différentes parties concernées par ce procès.

Interview par Télé Bruxelles de Patrick Charlier, le directeur f.f. du
Centre pour l'Egalité des Chances et de la Lutte contre le Racisme,
l'une des trois parties civiles dans ce procès © Photo RésistanceS.be / B. Lebar



























Un procès riche en enseignements

Une fois de plus, au cours de l'audience de ce 14 octobre, comme lors de la précédente, des informations des plus intéressantes ont pu être recueillies et des comportements particuliers observés. Voici le résultat de notre récolte :

  • Au vu de la présence massive à ce procès de policiers en uniforme et en civil, ainsi que des mesures de sécurité déployées, nos forces de l'ordre semblent le considérer comme étant à grand risque.

  • Les inculpés ne semblent pas se rendre réellement compte de la gravité des charges à leur encontre. Ils déambulent dans les couloirs du Palais de justice et dans la salle d'audience comme des touristes dans un musée.

  • Le soutien du mouvement NATION à ses membres et sympathisants inculpés devant le tribunal correctionnel est extrêmement limité. Il reste d'une très grande discrétion. A l'exception d'une déclaration lapidaire de soutien, publiée sans grande publicité sur internet, aucune campagne de solidarité n'a été lancée, contrairement à la tradition en vigueur dans les mouvements radicaux en pareille circonstance. Lorsque le fondateur de NATION, alors dirigeant du groupe néonazi L'Assaut, avait été, suite à une opération commando violente commise contre un stand antiraciste à Liège, arrêté, emprisonné (durant un mois à la prison de Lantin) et jugé, un mouvement du nom de « Solidarité Nationaliste » avait été spécialement fondé pour le soutenir. Dans le cas actuel : rien de tel n'a été mis en place pour les « six de NATION ».

  • Les associations françaises de soutien aux « prisonniers politiques » d'extrême droite (y compris ceux actifs en dehors du territoire français), avec lesquelles NATION a pourtant des contacts réguliers, par exemple avec le Comité de liaison et d'aide nationaliste (CLAN) ou le Comité d’entraide aux prisonniers européens (CEPE), restent totalement silencieuses sur le sort de leurs « camarades » nationalistes identitaires belges.

    Lucas H. et son avocat à la sortie de l'audience d'aujourd'hui © Photo RésistanceS.be / B. Labeur






























  • L'absence des principaux dirigeants de NATION devant et dans la salle d'audience a également été observée une fois de plus. Seul Eddy De Smedt s'y montre. Pour sa part, Jean-Pierre Demol, l'officiel président de NATION, s'est présenté à l'audience de ce mercredi 14 octobre, en compagnie de Serge Carli, membre du mouvement depuis sa fondation en 1999, mais uniquement à la fin de celle-ci et devant le Palais de Justice de Bruxelles. Bien loin du caméraman de Télé Bruxelles et du photographe de presse se trouvant, eux, depuis 8 h 45 à l'intérieur du palais. Demol ne voulait certainement pas être pris en image avec les présumés auteurs du tabassage du SDF polonais et des coups portés contre les deux policiers. Il y a des images apparemment politiquement incorrectes pour les dirigeants de NATION.


  • L'entente ne semble pas être au beau fixe entre Pascal Cornet et les autres inculpés de NATION, ainsi qu'avec Eddy De Smedt. « Pur produit de l'école de cadres du Mouvement », selon un document de NATION posté sur son site Internet, Cornet a été élu à sa direction en 2009. Il sera ensuite désigné au poste de secrétaire général. Mais en septembre 2014, c'est De Smedt qui le remplacera, dans le cadre d'un jeu de chaise musicale lié à des enjeux internes. Lors de l'audience d'aujourd'hui et lors de la première, en septembre dernier, Pascal Cornet s'est systématiquement retrouvé en position d'isolement, alors que les autres inculpés restèrent groupés autour d'Eddy De Smedt. Cette observation vient confirmer les tensions internes dans les rangs de NATION provoquées par le lynchage du SDF polonais. Comme RésistanceS.be l'avait déjà révélé en exclusivité dans son article Tabassage du SDF polonais : crise interne chez NATION.

A l'exception de Lucas H., les cinq autres inculpés de NATION sont
sortis de l'audience en se cachant le visage ou tête baissée © Photo RésistanceS.be / B. Lebar



























Le journal d'investigation RésistanceS.be, spécialiste depuis sa création il y a plus de 18 ans, dans les révélations sur les petits - et grands - secrets de l'extrême droite, continuera bien évidemment à vous informer sur le développement de cette affaire judiciaire des plus négatives pour le mouvement NATION.



MANUEL ABRAMOWICZ

Avec B. Lebar et C. Calybru
Membres de la rédaction de
RésistanceS.be



Eddy De Smedt, seul dirigeant de NATION présent au procès, ici accompagné
de Stéphane Hemmeryckx, un de ses hommes de main, avec lequel il participa,
cinq jours avant, à une manifestation aux Pays-Bas organisée par un parti néonazi
batave (voir ici). A droite, Pascal Cornet, l'ex-secrétaire général du mouvement qui
fut remplacé, lors du Congrès de NATION, tenu en septembre 2014, par De Smedt
© Photo RésistanceS.be / B. Lebar




Lors de cette audience du procès des « six de NATION » des militants antifascistes et antiracistes,
notamment du Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (MRAX),
ainsi que des membres de l'équipe du journal RésistanceS.be, étaient également
présents en nombre © Photo RésistanceS.be / B. Lebar





































































LIRE LE PREMIER ARTICLE SUR LE PROCES DES « SIX DE NATION »





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