samedi 23 juillet 2016

Il y a cinq ans, la tuerie de masse d'Anders Breivik contre la « société multiculturelle »




[RésistanceS.be – Vendredi 22 juillet 2016]



Le vendredi 22 juillet 2011, le norvégien Anders Behring Breivik commet d'abord, à Oslo, un attentat à la voiture piégée contre le gouvernement national de son pays (huit morts), puis l'une des plus sanglantes tueries de masse en Europe, sur l'île d'Utøya (à quelques kilomètres de la capitale de la Norvège) où se déroule le camp d'été de la Ligue des jeunes du parti travailliste de Norvège (69 personnes, pour la plupart des adolescents, sont assassinés, un à un, par Breivik).






Attentats d'ultra droite et raciste

Dans un « manifeste templier », de plus de 1.500 pages, écrit plus d'un an avant ses crimes, pour justifier son passage à l'acte terroriste prémédité et longuement préparé, Anders Breivik s'inspire de thèses d'extrême droite et d'ultradroite, mais aussi d'intellectuels néoréactionnaires, à propos du danger de la « société multiculturelle » et de ladite « islamisation de l'Europe ».


Anders Brievik avait participé notamment à Londres à des rassemblements d'English défence league (EDL), une organisation formée par des supporters nationalistes de football pour s'opposer aux musulmans (voir ci-dessous : Les liens politiques de Brievik).





Un constat

Ce vendredi 22 juillet, cinq ans après ce massacre terroriste raciste et anti-musulmans, une revue de la presse écrite et une recherche sur Google, nous permets de constater que quasi aucun média y fait référence (à l'exception des sites de la RTBF et du Nieuwsblad)...

Peu d'évocation donc dans les médias. Est-ce le cas quand les auteurs d'autres attentats étaient animés par une idéologie différente de celles d'Anders Brievik ?

MANUEL ABRAMOWICZ
Membre de la rédaction de RésistanceS.be



A LIRE :









Les liens politiques de Brievik



Anders Brievik était notamment proche idéologiquement de l'English défence league (EDL).

Sur cette organisation d'extrême droite anti-musulmane et raciste active en Grande-Bretagne, le journal RésistanceS.be a publié plusieurs articles, dont celui-ci :















© Article du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Vendredi 22 juillet 2016 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICIC

lundi 18 juillet 2016

Qui sont les « démocrates » qui ont soutenu Erdogan contre les putschistes ?




[ RésistanceS.be – Lundi 18 juillet 2016 ]



INTERVIEW – Après l'annonce de l'échec du coup d'Etat du 15 juillet en Turquie, plusieurs élus belges ont pris position. Pour saluer « la mobilisation citoyenne », « la bravoure » et « l'héroisme du peuple turc » face aux tanks rebelles. Mais qui est au juste ce « peuple turc » descendu dans la rue pour soutenir le président Erdogan ? Pour le savoir, le journal RésistanceS.be a interviewé le journaliste d'origine turque Bahar Kimyogür. Pour lui, il s'agit essentiellement d'activistes du parti au pouvoir soutenus par des islamistes et des activistes d'extrême droite. Des églises chrétiennes, des quartiers de la minorité musulmane alévi et des réfugiés syriens ont aussi été les cibles des anti-putschistes. Des partisans de la démocratie. Vraiment ?


« Je suis soulagée ce matin que le putsch n'ait pas réussi », écrivait ce samedi une conseillère communale d'ECOLO sur le « journal » de son compte Facebook. Ce lundi, un de ses « amis » sur ce réseau social postait le commentaire suivant : « Erdogan, défend la stabilité de son pays, rétabli l'Etat de Droit par la force, si nécessaire. Le peuple soutient Erdogan, alors, je dis bravo Erdogan qui lutte pour l'égalité de droit entre citoyen européen et citoyen Turc. ». Une autre conseillère communale, de la même commune, mais du Parti socialiste (PS), quelques minutes après l'annonce de la tentative du coup d'Etat, avait diffusé, sur son compte Facebook, une photo d'un citoyen turc couché devant un tank, avec un commentaire personnel mentionnant : « Une des photos d'archive qui montre l'héroïsme du peuple turc face aux putschistes.». Quelques heures après l'annonce de l'échec de la tentative militaire de renversement du président Erdogan, la même écrira : « Quelle bravoure ! Respect au peuple turc. Une mobilisation citoyenne comme on aimera tant la voir ailleurs dans le monde.».

Un jeune échevin limbourgeois du CD&V (chrétien démocrate flamand), d'origine turque, proclamait, samedi matin, sur son compte Facebook : « Une tentative d'un groupe de soldats rebelles pour commettre un coup d'état a échoué. Les Turcs ont répondu massivement ici et la démocratie a triomphé ! ».

Pour sa part, le bourgmestre PS de la commune bruxelloise de Saint-Josse, Emir Kir, en voyage familial en Turquie, dans une rapide interview accordée au quotidien « Le Soir », publiée samedi sur son site Internet, déclarait : « Les gens sont descendus dans la rue lorsqu’il a été question d’un putsch, partout, pour défendre ensemble les institutions démocratiques. La Turquie a passé un cap, c’est bien le signe, elle s’est affirmée démocratiquement, c’est important à mon sens. J’ai été frappé par la réaction populaire vendredi soir et durant la nuit. Et ça continue. La population est en état de vigilance démocratique. Elle a parfaitement réagi aux appels lancés tour à tour par le premier ministre, le président, ainsi que le chef de l’opposition. Elle a réagi dans l’ordre, avec conviction. ».
x
Résumons, sur la base de ces déclarations publiques d'élus belges : c'est le peuple qui a sauver la démocratie turque. Il s'agit bien entendu d'une certaine lecture idéologique des faits. Pour en avoir une autre, le journal RésistanceS.be s'est entretenu avec Bahar Kimyogür. Journaliste et militant progressiste d'origine turque, il est régulièrement consulté par nos médias sur la situation politique en Turquie ou sur la guerre en Syrie, dans les quotidiens « Le Soir » ou « L'Echo » par exemple.

Dans l'entretien qu'il nous a accordé ce dimanche, Bahar Kimyogür dévoile dans le détail les coulisses des rangs anti-putschistes, essentiellement composés de militants du Adalet ve Kalkınma Partisi (AKP), le Parti de la justice et du développement du président Recep Tayyip Erdogan, mais aussi de Frères musulmans, de salafistes se revendiquant de Daesh, de membres du Milliyetçi Hareket Partisi (MHP), le Parti d'action nationaliste d'extrême droite, et de son organisation paramilitaire Bozkurtlar (Loups gris).

Des « démocrates » vraiment ? Notre constat : les informations sur la nature politique des pro-Erdogan ont été occultées par ces élus belges du PS, d'ECOLO et du CD&V préférant exprimer leur admiration au peuple venu défendre la démocratie turque.




Interview de Bahar Kimyogür 


    RESISTANCES.BE : Après l'échec du coup d'Etat de ce 15 juillet et l'arrestation de putchistes, Recep Tayyip Erdogan profite de l'occasion pour, une nouvelle fois, purger de façon tous azimuts ses opposants au sein des forces armées et de la magistrature. La répression va-t-elle être violente et s'attaquer aussi aux autres opposants du régime : syndicalistes, partis de gauche, journalistes, alévis... ?

    BAHAR KIMYONGÜR : A peine quelques minutes après l'annonce du coup d'Etat, le super-président Erdogan a été nommé « Baskomuntan » (commandant en chef) de la nation par ses partisans. Lorsqu'il lança son mot d'ordre de mobilisation dans la soirée de vendredi, via l'application Face Time, des hordes de partisans du président, scandant des « Allahu Akbar », sont descendus dans la rue pour chasser les « traîtres mécréants ».


    Après l'échec du putsch, ils ont continué à occuper la rue, officiellement pour célébrer « la journée nationale de la démocratie », en réalité, pour régler leurs comptes aux opposants du pouvoir en place.

    Ainsi, des groupes pro-Erdogan ont tenté d'attaquer des quartiers connus pour leur insoumission, comme Gazi à Istanbul peuplé d'alévis de gauche. Ses habitants ont dû dresser des barricades pour empêcher l'assaut des islamistes et des activistes de l'organisation d'extrême droite « Loups gris ». D'autres arrondissements stanbouliotes, comme Okmeydani, Ikitelli ou Armutlu, ont connu des tentatives d'incursion similaires.


    Dans d'autres quartiers plus branchés comme Moda, les pro-Erdogan ont attaqué des jeunes attablés à une terrasse parce qu'ils buvaient de la bière.


    A Ankara, des réfugiés syriens ont été victimes d'actes xénophobes. Ces actes de vandalisme ont poussé des commerçants à afficher des écriteaux invraisemblables sur leur vitrine, pour se protéger des Loups gris, comme : « Le propriétaire de ce commerce est turc ».

    Toujours dans la capitale, le monument aux victimes de l'attentat de l'Etat islamique, (NDLR : commis le 10 octobre 2015 contre une manifestation de l'opposition turque en faveur de la paix, 102 tués), situé près de la gare, a également été endommagé par les voyous qu'Erdogan a lâchés dans la rue.

    Dans le quartier de Pasaköskü à Malatya, les sbires d'Erdogan s'en sont pris aux habitants alévis pour ne pas avoir participé aux manifestations anti-putsch. Dans deux quartiers alaouites situés à Antioche, une ville proche de la frontière avec la Syrie, Armutlu et Sümerler, des nervis armés de bâtons et de couteaux ont paradé à moto aux cris d'« Allahu Akbar » pour terroriser la population.

    Deux églises chrétiennes, une protestante à Malatya (NDLR : ville de l'est de la Turquie, dont la population est composée d'habitants turcs, kurdes, mais également arméniens)
    et une catholique à Trabzon (NDLR : sur le bord sud-est de la mer Noire) ont également été attaquées par les « troupes démocratiques » d'Erdogan.

    Bref, la tension est à son comble. Les alévis craignent une nouvelle vague de persécutions comme durant la décennie 1970, durant laquelle des pogromes furent commis, ou après l'incendie de l'hôtel Madimak à Sivas (NDLR : ville du nord-est de la Cappadoce, dans l'ancienne Arménie occidentale), en 1993, qui coûta la vie à trente-trois intellectuels alévis.




    RESISTANCES.BE : Parmi les partisans d'Erdogan descendus dans la rue pour faire face aux putschistes dans la nuit de vendredi à samedi, outre les militants de l'AKP, il y avait aussi des Loups gris et des activistes du Parti d'action nationaliste (MHP). Avez-vous des informations plus pécises sur le soutien de l'extrême droite turque au pouvoir en place ?
    X
    BAHAR KIMYONGÜR : Il n'y a pas de différence fondamentale entre le Adalet ve Kalkınma Partisi (AKP), en français « Parti de la justice et du développement », la formation politique d'Erdogan, et le Milliyetçi Hareket Partisi (MHP). Ces deux formations politiques ont un électorat commun et une idéologie similaire bâtie sur un sentiment turco-sunnite puissant.

    Les transferts de voix de l'un à l'autre fonctionnent selon le principe des vases communicants. Par ailleurs, de nombreux cadres et membres actuels de l'AKP sont d'anciens cadres du parti fasciste MHP. Tugrul Türkes, le propre fils de feu le colonel Alparslan Türkes, son dirigeant-fondateur, est aujourd'hui le vice-premier ministre du gouvernement AKP.

    X
    Le parti d'Erdogan est une nébuleuse qui a absorbé les différents courants de la droite nationale, des plus libéraux aux plus racistes, mais toutes clairement islamsites également. Notons aussi qu'Erdogan reçoit un soutien total du MHP dans sa guerre contre le peuple kurde.


    RESISTANCES.BE : La présence d'activistes salafistes et de membres de la confrérie des Frères musulmans turcs a également été observée parmi les manifestants pro-Erdogan. Extrême droite nationaliste et intégristes musulmans sunnites collaborent-ils ensemble en faveur du président ?


    BAHAR KIMYONGÜR : Absolument. Si une partie du mouvement fasciste rejette la culture arabo-musulmane et se réfère plutôt du pantouranisme, idéologie raciste glorifiant l'identité turque pré-islamique, quand il s'agit de descendre dans la rue pour tabasser des manifestants laïcs, kurdes ou alévis, les Loups Gris sans soucis « djihadisent » leur discours et scandent le « takbir » (« Allahu Akbar »). Impliqués dans une pléthore d'activités mafieuses, comme le trafic de drogue, le proxénétisme, l'escroquerie ou l'usure, les Loups Gris n'ont pas toujours l'apparence de musulmans pieux. Ils ont pourtant massacré des alévis à Kahramanmaras et Malatya en 1978, à Corum en 1980 et à Sivas en 1993 au nom de l'islam et aux cris d'« Allahu Akbar ».

    Aujourd'hui, les Loups Gris sont largement acquis à la cause d'Erdogan. Ce dernier leur rend la monnaie en usant d'un discours sur mesure glorifiant la nation turque. En Syrie, Loups Gris et sympathisants de l'AKP impliqués dans la guerre civile se retrouvent parfois dans les mêmes groupes rebelles, notamment sur le front d'Idlib et Latakia aux côtés des djihadistes turkmènes.

    Durant les manifestations pro-Erdogan et anti-putschistes de ces 15 et 16 juillet, les défilés « pour sauver la démocratie » regroupaient pour l'esssentiel des sympathisants de l'AKP, du MHP et d'organisations islamistes pro-djihad. De nombreuses photos publiées sur Internet montrent en effet qu'on avait le choix entre trois signes de ralliement : le signe « R4bia » des Frères musulmans solidaires de l'ex-président égyptien Morsi, la « tête du loup » des partisans du MHP et l'index des djihadistes de l'Etat islamique ! En clair, aucun manifestant anti-putsch n'a fait le signe de la victoire, symbole connoté pro-kurde, ni n'a dressé le poing, à la façon des communistes et des socialistes.




    RESISTANCES.BE : Lors des élections législatives de 2015, le parti d'extrême droite MHP a obtenu au sein de l'immigration turque présente dans notre pays près de 10 %. Chez les Turcs de Belgique, l'extrême droite est-elle donc également structurée, comme en Turquie ?
    X

    BAHAR KIMYONGÜR : Au cours du scrutin de juin 2015, l'AKP a obtenu un score extrêmement élevé en Belgique, près de 63 %. Or, la Belgique est connue en tant que bastion du MHP. Les voix traditionnelles belgo-turques du MHP sont visiblement passées à l'AKP.

    En Belgique comme en Turquie, la société turque est relativement structurée et à fortiori les Loups Gris. Les associations qui gravitent autour d'eux organisent des concerts, des activités sportives et des repas de rupture du jeûne lors du Ramadan.

    L'une des principales activités des Loups Gris s'appelle la « journée du turquisme ». Cette fête a été mise sur pied le 3 mai 1944 par Nihal Atsiz, l'idéologue pro-nazi des Loups Gris. Depuis quelques années, le MHP tente de troquer son discours glorifiant le « saf kan » (sang pur) de la « türk irki » (race turque) pour une rhétorique plus religieuse. De fait, la propagande nationaliste religieuse des militants de l'AKP et du MHP se ressemblent tellement que l'on a parfois du mal à les distinguer.




Propos recueillis par
MANUEL ABRAMOWICZ
Membre de la rédaction de
RésistanceS.be








PLUS D'INFOS ?

Les articles et enquêtes du journal RésistanceS.be sur l'extrême droite turque peuvent être consultés via celui-ci :





© Article du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Lundi 18 juillet 2016 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICI







    C

mercredi 13 juillet 2016

Sur la thèse de la « guerre civile », selon les versions djihadiste et d'extrême droite




[RésistanceS.be – Mercredi 13 juillet 2016]




ANALYSE & ECLAIRAGE - Le chef de la sécurité et du renseignement intérieurs français prédit dans un proche avenir « une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman ». Un cas de figure qui serait provoquée par les attentats de Daesh en France. Sa thèse rejoint à la fois la stratégie du terrorisme djihadiste et les thérories de l'extrême droite sur la « guerre raciale » à venir.


Le rapport de la commission française d’enquête parlementaire sur les attentats de janvier - contre « Charlie Hebdo » et contre l'épicerie juive « Hyper Casher » - et de novembre 2015 - au stade de France, sur les terrasses parisiennes et au Bataclan - a été rendu public ce mardi 12 juillet. Lors de cette commission de l'Assemblée nationale, plusieurs responsables de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, en France, ont été auditionnés.

C'est le cas de Patrick Calvar, le directeur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les services de renseignements français. Repris dans le rapport parlementaire, lors de son audition, le patron de la DGSI a notamment déclaré, en cas de nouveaux attentats islamistes commis sur le territoire français, qu'une « confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman » était prévisible.

Reprenant les propos de Patrick Calvar, le site Marianne.net de ce 12 juillet écrit : « 
Pour lui, la France, où "un mouvement de fond entraîne la radicalisation de la société", mais aussi l’Europe, sont par conséquent "en grand danger". "Ce qui m’inquiète quand je discute avec tous les confrères européens", explique-t-il en effet, c’est que "nous devrons, à un moment ou un autre, dégager des ressources pour nous occuper d’autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable." ». Les dits «  autres groupes extrémistes » sont clairement ceux de l'extrême droite radicale.

Le journal RésistanceS.be peut faire trois constats après la divulgation du témoignage du chef de la sécurité et du renseignement intérieur devant les parlementaires d'outre-Quiévrain :




PREMIER CONSTAT

Il est vrai que la situation politique, économique et sociale en France est extrêmement tendue. Les confrontations avec les forces de l'ordre sont de plus en plus régulières et se déroulent dans plusieurs espaces de la vie publique : durant des manifestations (syndicales, celles contre le mariage pour tous...), après des provocations de groupuscules d'extrême droite dans des rassemblements contre le terrorisme, dans des quartiers populaires, en marge des stades après des matchs de football.... La situation française actuelle est en effet propice à la montée de la violence.




DEUXIEME CONSTAT

Cette « confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman », aujourd'hui prédit par le patron de la DGSI, fait directement partie de la « stratégie de la tension » enseignée dans des manuels terroristes, entre autres ceux de l'organisation de l'Etat islamique (Daesh). En particulier dans le livre « Appel à la résistance islamique mondiale » (1.500 pages) du théoricien du « djihad global », le syrien Abou Moussab al-Souri, lié d'abord à Al-Qaïda. Un article du journal « Le Figaro » informe que pour son auteur, « les attentats répétés engendreront une réaction islamophobe qui poussera les musulmans résidant dans ses pays à rejoindre leurs rangs. » (1).

C'est pour cette raison que ce stratège du terrorisme djihadiste « incite des cellules clandestines indépendantes à agir en Europe pour susciter un climat de guerre civile. » (2).


Dans son dernier ouvrage consacré en grande partie au terrorisme de Daesh, le politologue français Gilles Kepel décrit dans le détail la stratégie mise en place par Abou Moussab al-Souri. Le spécialiste du monde musulman évoque également dans son livre l'inter-dynamisme existant entre les islamistes intégristes et l'extrême droite : « L’irruption djihadiste, derrière laquelle pointe l’implantation du salafisme, […] n’est pas un phénomène isolé. Les succès électoraux du Front national et l’invasion du Web par les sites identitaires et “conspirationnistes” […] constituent des “fractures françaises” parallèles. » (3).

La description précise de cette réalité a encore été évoquée par Gilles Kepel lors d'une rencontre organisée avec lui à Molenbeek, en janvier dernier, à laquelle assista RésistanceS.be.





TROISIEME CONSTAT

Du côté de l'extrême droite justement, cette thèse de la « guerre civile » entre des « fractions » des populations européennes d'origine et des « bandes » issues des populations immigrées, en particulier avec celles d'origine arabo-musulmane, est diffusée depuis plus de vingt ans dans ses rangs.

Cette stratégie de l'extrême droite a fait l'objet en décembre 1998 d'une enquête détaillée du journal RésistanceS.be. Dans celle-ci était reprises les visions de l'un des théoriciens nationalistes européens de la « guerre raciale », le français Pierre Vial. Ancien membre de la direction du Front national et chef-fondateur de l'association racialiste « Terre & Peuple », qui se revendique comme étant un « mouvement identitaire de résistance européen », Il a notamment écrit sur ce thème : « Nous voulons que nos petits-enfants soient, à leur tour, Gaulois et fiers de l’être. Que cela plaise ou non aux amateurs de sociétés multicolores, sans corps et sans âme, contre lesquels nous avons engagé la résistance. Dans une guerre qu’il faut appeler par son nom : une guerre de libération nationale » (4).

S'adressant aux responsables d'organisations d'extrême droite, le même Vial proclame alors : « 
la mission de l’intellectuel organique [est d’] armer mentalement les militants pour leur permettre, ensuite, d’être physiquement efficaces. L’intellectuel organique définit les enjeux, éclaire et instruit, trace la voie. Puis il applique les principes qu’il a enseignés en prenant la tête de sa section pour conduire la vague d’assaut. » (5).

Pour ce théoricien de l'extrême droite identitaire, la donne était déjà évidente en 1995, il y a plus de vingt ans : « 
Nous allons tout droit vers une guerre ethnique et cette guerre sera totale (...). Il faut donc préparer mentalement, psychologiquement, moralement et physiquement le plus grand nombre possible de nos compatriotes à cette perspective, afin qu’ils vivent cette échéance le moins mal possible, c’est-à-dire en se donnant le maximum de chances de survivre. Cet impératif donne tout son sens à nos activités (...), nous voulons mettre en alerte les hommes et les femmes de notre peuple sur le sens des affrontements qui se préparent et forger leur détermination à faire face. » (6).

Dans une interview reprise dans le mensuel de l'époque du Vlaams Blok (le nom jusqu'en 2004 de l'actuel Vlaams Belang), Pierre Vial déclara : « 
Pour faire la guerre culturelle, il faut une armée. Nous avons l’ambition de créer cette armée. Une armée qui doit être une communauté de travail, de combat et de foi (...). Nous allons tout droit vers une guerre raciale. » (7).

Comme nous le constatons donc, les théories et les stratégies sur la « 
confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman » sont en vogue depuis bien longtemps. Bien avant la vague actuelle de terrorisme islamiste. Elles sont partagées tant par les théoriciens djihadistes que par ceux de l'extrême droite identitaire et radicale.

SIMON HARYS
Membre de la rédaction de RésistanceS.be


Notes :


(1) Roland Gauron, « Abou Moussab al-Souri, l'inspirateur des attentats de Paris », article [en ligne], Lefigaro.fr,, 23 novembre 2015. URL : www.lefigaro.fr/international/2015/11/23/01003-20151123ARTFIG00224-abou-moussab-al-souril-inspirateur-des-attentats-de-paris.php

(2) Idem.

(3) Gilles Kepel, « Terreur dans l'Hexagone, Genèse du djihad français », Gallimard, Paris, 2015. Sur le même auteur, lire également l'article de RésistanceS.be : Djihadisme et extrême droite : des points communes ?

(4) Pierre Vial : « Gaulois ? Présents ! », in « 
La Lettre de Terre et Peuple », janvier-février 1998.

(5) Extrait d’un article de Pierre Vial dans « Offensive pour une nouvelle université », trimestriel du Renouveau étudiant, n° 1, 1er. Trimestre 1997.

(6) Dans « 
La Lettre de Terre et Peuple », n° 4, 1995.

(7) Extrait d'une interview accordée à la publication belgo-française « Europe nouvelles », n° 15, septembre-octobre 1996, et republier ensuite, en néerlandais, dans le « Vlaams Blok magazine », l'organe de presse du parti flamand d'extrême droite du même nom.


PLUS D'INFOS SUR CE THEME :



© Article du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Mercredi 13 juillet 2016 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICI




C

dimanche 10 juillet 2016

La presse antifasciste, l'exemple du mensuel «Article. 31», ancêtre de «CelsiuS» et de «RésistanceS.be»


[RésistanceS.be – Dimanche 10 juillet 2016]





DANS NOTRE HISTOIRE – Voici une interview exceptionnelle de Jacques Leloup, l'un des piliers de la rédaction du mensuel « Article. 31 », puis de la revue franco-belge « CelsiuS », les ancêtres de « RésistanceS.be ». Jacques Leloup relate dans l'entretien qu'il nous a accordé la saga de cette presse antifasciste constituée de militants et de journalistes professionnels d'investigation – INTERVIEW


RESISTANCES.BE : En quelle année a été créé le journal « Article.31 », pourquoi et par qui ?


JACQUES LELOUP : Au lendemain de l’assassinat d’Henri Curiel (1), militant anti-colonialiste, le 4 mai 1978 à Paris, ses amis fondent une association en sa mémoire. Son objectif est de rétablir la vérité sur les activités d'Henri Curiel qui avait été la cible, juste avant son meurtre, d'une campagne médiatique orchestrée notamment par la droite et l'extrême droite. L'Association Henri Curiel veut encore apporter son soutien à l’action judiciaire de la partie civile pour découvrir les auteurs et les commanditaires de son assassinat. Elle se fixe aussi pour but d’alerter l’opinion sur la montée de la violence d’extrême droite.

En effet, l’assassinat d'Henri Curiel a été revendiqué par un « commando Delta », du nom des groupes d’activistes constitués par l’OAS (2) à la fin de la guerre d’Algérie. Il n’est donc pas exclu que les tueurs soient à rechercher dans cette mouvance.
Très rapidement l’association édite un bulletin qui, en particulier, recense et analyse les exactions et attentats - ils sont nombreux à l’époque - commis par l’extrême droite ou susceptibles de lui être attribués.

Le dernier numéro du « Bulletin Henri Curiel » paraît en juillet 1984 et se transforme en « Article.31 ». Le premier numéro de la nouvelle revue est daté d’octobre 1984.

Rédigé par une équipe de militants et par des journalistes indépendants spécialisés, « Article.31 » vise à apporter à ses lecteurs des éléments d’information et de réflexion sur les activités de l’extrême droite et de ladite « Nouvelle Droite », au niveau national et international, avec un focus particulier sur leurs liens avec la droite classique, les imbrications existant entre ces divers courants, leurs stratégies et leurs buts réels. Il s'agit d'un travail de journalisme d'investigation.

A la suite de divers contacts, des amis belges, soucieux de montrer le vrai visage et les pratiques douteuses de l’extrême droite en Belgique, constituent une équipe sous la houlette du journaliste d'investigation Philippe Brewaeys (3) et rejoignent « Article.31 » en janvier 1986. La revue comporte désormais un supplément belge dans chaque numéro. Ce qui nous donne l'occasion de la diffuser en Belgique.

Peu après le décès de l’un des fondateurs, Christian Boullé, il est décidé de séparer les activités nationales et les activités internationales. « Article.31 » continue à couvrir les activités de l’extrême droite en France et l’équipe belge et une partie de l’équipe française fondent « CelsiuS », nouvelle publication qui voit le jour en octobre 1987 et se place, elle, dans une perspective internationale.







RESISTANCES.BE : Il s'agit d'un journal engagé qui va pratiquer, dès le départ, le journalisme d'investigation. Pour des raisons de sécurité, les journalistes d'« Article.31 » signent leurs articles par des pseudonymes. Il est dangereux d'écrire sur – et contre - l'extrême droite ?
c
c
c
JACQUES LELOUP : A l’origine, les rédacteurs d’« Article.31 » travaillaient essentiellement sur les informations publiées par la presse, en particulier celle d’extrême droite, peu lue par les militants progressistes, le monde politique, les universitaires et les journalistes de la grande presse. Il s’agissait d’une veille qui visait à faire ressortir, par des analyses et des recoupements, des éléments significatifs de l’activité des groupuscules violents, des mouvements activistes et des partis politiques d'extrême droite.

De véritables investigations ne sont apparues, justement, qu‘avec l’arrivée des journalistes belges. Parmi ceux-ci, certains étaient déjà des journalistes professionnels et disposaient de moyens plus étendus, notamment au niveau des contacts, que ceux de simples militants.

Concernant l’usage de pseudonymes, il y avait bien sûr un souci de sécurité mais surtout un désir de discrétion. Il s’agissait, pour nombre de collaborateurs, de ne pas mélanger le militantisme propre à la revue et des activités professionnelles qui pouvaient être totalement étrangères à ce militantisme.





RESISTANCES.BE : Quelle était à l'époque, en France, la situation de l'extrême droite 
dans le paysage politique ?

JACQUES LELOUP : A la fondation d’« Article.31 », on pouvait constater une progression manifeste des thèmes fascistes et racistes dans l’opinion, notamment grâce à l’action d’officines comme le Club de l’Horloge, très actif depuis 1980, qui diffusaient leurs idées dans tous les courants de la droite classique.

Beaucoup de militants extrémistes, comme Alain Madelin pour ne citer que lui, étaient passés de la violence contre les « gauchistes » au combat des idées, beaucoup plus efficace. Un bon article dans le « Figaro Magazine » a plus d’impact que de s'affronter dans la rue avec des « gauchistes ». On pouvait d’ailleurs noter à l’époque, une baisse des actions violentes commises par l’extrême droite, contre les librairies de gauche par exemple.

Ce changement de stratégie était lié, indéniablement, à l’apparition de plus en plus importante du Front national de Jean-Marie Le Pen dans le paysage électoral. Aux élections européennes de juin 1984, le FN venait d’emporter dix sièges sur quatre-vingt-un réservés à des députés français au Parlement européen.




RESISTANCES.BE : Qui étaient en particulier les membres de la rédaction belge ?


Comme nous l’avons déjà indiqué, « Article.31 » se renforce en 1986 avec l’arrivée d’une équipe belge conduite par Philippe Brewaeys, déjà journaliste d’investigation et qui a fait partie, dans les années 1970, de la rédaction de l'hebdomadaire « POUR » qui fut la cible, en 1981, d'un attentat commis par un commando terroriste d'extrême droite.

La rédaction belge d'« Article.31 » est aussi composée de militants antifascistes qui rédigent régulièrement diverses chroniques et de collaborateurs ponctuels, comme Jan Willems. Les articles publiés proviennent du suivi de la presse, d’enquêtes sur le terrain et d'informations inédites recueillies auprès de nombreux contacts dans divers milieux. A cet égard, rappelons qu’un comité de parrainage avait été constitué qui comprenait des personnalités comme le journaliste flamand Walter de Bock (4), le dirigeant associatif Pierre Galand, le journaliste Patrick Remacle, le syndicaliste Jacques Yerna (5) et encore bien d'autres.

C
C
C
C

C
RESISTANCES.BE : Quelles ont été les faiblesses de votre journal, mais aussi son apport dans les informations de terrain et exclusives utiles pour combattre l'extrême droite ?


JACQUES LELOUP - La revue, essentiellement militante, n’a pu avoir qu’une diffusion limitée. Internet ouvert au grand public n’existait pas encore et toute prospection passait par le papier, d’où des coûts qui auraient nécessité des moyens financiers qui nous manquaient. 
Néanmoins, des critiques favorables, dans des journaux de référence comme « Le Canard enchaîné » ou « Le Monde diplomatique », et de nombreux contacts avec diverses institutions ou associations ont permis à la revue de maintenir un niveau d’abonnements correct.

De plus, les relations suivies avec des journalistes de la presse classique ont initié la reprise d’informations qui seraient sinon restées ignorées. C'est par exemple le cas suite à nos articles réguliers sur la « colonie Dignidad », un mouvement sectaire nazi installé au Chili et protégé durant de très nombreuses années par le dictature Pinochet.

En Belgique, de nombreux articles ou dossiers particulièrement bien documentés, comme ceux sur le lobby pro-apartheid actif au coeur du monde politique ou sur les tueries du Brabant, pour ne citer que ces deux là, ont rencontré un certain écho dans les grands médias, même si, comme en France, les sources d'orgine n’étaient pas toujours citées !




RESISTANCES.BE : Une partie des médias sous estime souvent les discours liberticides du Front national français ou aborde l'actualité sociale et économique d'une façon qui peut lui être favorable. Le FN reste-t-il aujourd'hui une formation politique qui doit toujours être considérée comme d'extrême droite ?



JACQUES LELOUP :
Bien sûr, le Front national reste une formation d’extrême droite. Il est en pleine évolution dans la mesure où autant Jean-Marie Le Pen jouait surtout de la provocation autant, sa fille vise le pouvoir, mais ses idées de base restent les mêmes.

Quelques remarques personnelles peuvent cependant être formulées. La progression électorale du FN n’a jamais été suivie d’un renforcement du parti. A part l'énarque Florian Philippot et ses lieutenants, peu de cadres nouveaux ont rejoint ce parti ces dernières années et les grands corps de l’Etat comportent peut-être des sympathisants du FN mais peu de membres actifs. Combien de préfets, d’ambassadeurs, d’inspecteurs des finances, etc. dans les rangs du FN ? Si ce dernier avait emporté une région, il aurait eu du mal à constituer l'équipe d’un président régional ! Ajoutons encore : « combien de patrons du CAC40 au Front ? » et on mesure sa grande faiblesse au niveau national. Seules une partie de la police et de l’armée peuvent être considérées comme proches de l’extrême droite, un fait qui n’est pas une nouveauté.

Cette faiblesse est aggravée actuellement par un manque de stratégie claire. Comme le note Pascal Perrineau dans le quotidien « Le Figaro » du 11 mai dernier, « L’histoire du Front national est l’histoire de violentes querelles personnelles qui souvent cachent l’opposition de tempéraments et de cultures différentes mais aussi de stratégies de choix opposées ».

Le FN lepéniste ne pourrait avoir un avenir que si les forces économiques qui possèdent le pouvoir réel décidaient de le considérer comme un recours, ce qui ne semble pas encore le cas actuellement. A quoi bon le Front national si les « socialistes » font l’affaire. Ne deviennent-ils pas même sécuritaires et répressifs ?

A l'heure actuelle, la formation lepéniste continue donc à jouer son rôle de repoussoir que l’on agite pour cacher ses propres turpitudes. Le danger est très nettement ailleurs.




Propos de Jacques Leloup, membre-fondateur des journaux « Article. 31 » et « CelsiuS », recueillis par Manuel Abramowicz, membre d'abord de la rédaction de « CelsiuS », puis du journal en ligne « RésistanceS.be ».





« ARTICLE. 31 » ... ANCÊTRE DE « RESISTANCES.BE »

Le premier numéro du journal « RésistanceS » (version imprimée) sort en mai 1997. Il a été fondé, à Bruxelles, par des militants antifascistes, des syndicalistes, un ancien résistant antinazi, des étudiants et des journalistes. Ces derniers proviennent d'un autre journal déjà engagé contre l'extrême droite, à la fin des années 1980 : la revue franco-belge « CelsiuS ».

Cette publication avait succédé au mensuel « Article.31 », fondé à Paris, en 1984, au début de l'ascension électorale de l'extrême droite lepéniste en France.

Depuis sa création et jusqu'à aujourd'hui, RésistanceS.be est resté en contact, dans le cadre d'un partenariat rédactionnel belgo-français, avec Jacques Leloup, l'un des anciens principaux responsables du mensuel « Article.31 » et de la revue « CelsiuS ».



HOMMAGE DE RESISTANCES.BE A HENRI CURIEL A BRUXELLES



Comme le montre ci-dessous notre illustration, en novembre 2008, le journal RésistanceS.be a organisé, à Bruxelles, une projection d'un documentaire télé, suivie d'un débat, à la mémoire d'Henri Curiel.

Assassiné à Paris en 1978, il avait fondé et dirigé « Solidarité », un mouvement qui organisait en France des formations destinées à des activistes d'organisations de libération nationale de pays africains, arabes et latino-américains, mais aussi, au début des années 1970, à des antifascistes luttant contre les dictatures portugaise, espagnole et grecque de l'époque.

Ce sont notamment des anciens du mouvement Solidarité qui seront à la base de la création du mensuel « Article.31 ».







NOTES :


(1) Sur la vie militante d'Henri Curiel, lire le livre que lui consacra en 1984 le journaliste français d'enquête Gilles Perrault : « Un homme à part » (Bernard Barrault éditeur). Ce livre a été réédité en 2006 par les éditions Fayard. URL : www.fayard.fr/un-homme-part-9782213629094.


(2) L'OAS (Organisation de l'armée secrète) a été fondée, en février 1961, par des officiers de l'armée française qui refusèrent par la force l'indépendance de l'Algérie. Pour y parvenir, l'OAS se lance dans des actions terroristes. Son bilan criminel est important. L'organisation politico-militaire est en effet responsable, selon des sources spécialisées, de plus de 2.200 morts et de 5.000 blessés. A cinq reprises au moins, elle tentera d'assassiner le président de la république, Charles De Gaulle. L'extrême droite française, ainsi que celle de plusieurs pays européens (Belgique, Italie, Espagne, Portugal...), a apporté son appui logistique et humain à l'OAS. Le courant le plus radical de l'organisation était dirigé par des activistes nationaux-catholiques maurrassiens. Pour éviter la justice française, des dirigeants de l'OAS bénéficieront d'un exil politique dans les dictatures ibériques.

(3) Sur Philippe Brewaeys, décédé le 2 mai 2016 à Bruxelles, lire : « Philippe Brewaeys, journaliste d'investigation antifasciste », article de Manuel Abramowicz, in RésistanceS.be [en ligne], 3 mai 2016. URL : www.resistances-infos.blogspot.be/2016/05/philippe-brewaeys-journaliste.html

(4) Sur
Walter de Bock, lire : « Ami de RésistanceS, le journaliste antifasciste Walter De Bock est décédé », article de Manuel Abramowicz, in RésistanceS.be [en ligne], 20 novembre 2007. URL : www.resistances.be/wdb.html

(5) Sur Jacques Yerna, lire : « Notre Grand Jacques est mort, hommage à un militant antifasciste »,
article de Manuel Abramowicz, in RésistanceS.be [en ligne], 13 août 2003 URL : www.resistances.be/yerna0.html



QUELQUES COUVERTURES DU MENSUEL «ARTICLE.31»
Archives RésistanceS.be / RIDAF.








































© Article du journal en ligne  RésistanceS.be | Bruxelles | Dimanche 10 juillet 2016 | info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be | RésistanceS.be est aussi sur FACEBOOK ICIs